LR : Virginie Calmels critique les positions de Laurent Wauquiez

LR : Virginie Calmels critique les positions de Laurent Wauquiez
La première vice-président des Républicains (LR), Virginie Calmels, le 12 janvier 2017.

Orange avec AFP, publié le dimanche 17 juin 2018 à 09h30

VIDÉO. La rupture s'exprime un peu plus chaque jour entre Laurent Wauquiez et Virginie Calmels.

Dans une interview publiée samedi 16 juin sur le site du Parisien, la première vice-présidente des Républicains (LR) reproche au numéro un du parti de ne défendre que sa "propre ligne".

"Moi, j'ai cru avec sincérité à sa volonté de rassemblement et j'ai soutenu ses propositions, car je suis pour un régalien fort", explique la première adjointe d'Alain Juppé à Bordeaux, qui s'était ralliée à Laurent Wauquiez lors de l'élection pour la présidence des Républicains à la fin de l'année 2017. "Mais je ne suis pas non plus son clone, je ne suis pas dénaturable", prévient-elle, quelques jours après des premières critiques exprimées au sujet de la diffusion - sans concertation au sein du parti - d'un tract, intitulé "Pour que la France reste la France".



Mardi, une franche explication de texte avait opposé, sur la question, la plupart des dirigeants de LR. Virginie Calmels avait qualifié ce tract d'"anxiogène". "Le slogan ne me pose pas de problème. Mais la page 2, sur le risque terroriste, les immigrés, la délinquance... C'est exactement la rhétorique de ceux qui jouent sur les peurs pour se faire élire", estime-t-elle. "Et puis on ne peut pas réduire les problèmes de la France à ces seules questions".

"J'ai aussi parfois le sentiment qu'on emprunte le vocabulaire de Mélenchon"

Rappelée à l'ordre par Laurent Wauquiez dans Le Figaro, l'ancienne dirigeante d'Endemol avait estimé qu'il n'y avait "pas un maître et une élève". Des critiques venues alimenter des reproches régulièrement formulés, par les opposants internes du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes comme Maël de Calan ou Jean-François Copé.



Depuis son élection, Laurent Wauquiez "démontre au fur et à mesure des jours qui passent qu'il semble uniquement là pour défendre sa propre ligne", regrette-t-elle. "Il estime qu'il doit son élection qu'à sa seule présence, je ne partage pas cette vision". "Il veut imposer sa seule ligne, mais je ne crois pas que ce soit le bon message", martèle cette libérale convaincue, qui "ne veut pas d'une droite qui se rétrécit" et se déporte vers les extrêmes.

"J'ai aussi parfois le sentiment qu'on emprunte le vocabulaire de Mélenchon, notamment quand certains parlent de « cadeaux aux riches », ou de « l'ultralibéralisme de Macron ». Et ce n'est pas parce qu'Emmanuel Macron penche vers nos idées, qu'on doit se déporter plus vers la droite. Pour moi, c'est un chemin qui est voué à l'échec.

Va-t-elle quitter la direction du parti ? "Il faut que tout le monde fasse des efforts (...) Je crois encore que Laurent peut parvenir à créer le rassemblement en revenant à une façon de faire qu'il a su développer pendant la campagne", répond Mme Calmels. "On va voir comment les choses vont se passer dans les semaines à venir", conclut-elle.

Elle redit ne pas souhaiter être tête de liste LR aux élections européennes de 2019 et juge, comme Nicolas Sarkozy, que c'est à Laurent Wauquiez de conduire la liste.

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