LR: Dati renonce aux Européennes avec Paris dans son viseur

LR: Dati renonce aux Européennes avec Paris dans son viseur
Rachida Dati lors d'une émission télévisée, le 24 janvier 2019

AFP, publié le mardi 05 mars 2019 à 20h32

Elle préfère Paris à Strasbourg et Bruxelles: en pleine tractation chez les Républicains, Rachida Dati a annoncé mardi qu'elle renonçait à un nouveau mandat au Parlement européen, expliquant réfléchir "très sérieusement" à une candidature aux municipales dans la capitale.

"J'ai décidé de renoncer à briguer un nouveau mandat de députée européenne. Car la politique, ce sont des choix parmi ses combats. Et aujourd'hui mon choix, c'est Paris", explique au Figaro l'ancienne Garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy (2007-2009).

Pourtant, "Laurent Wauquiez m'a toujours assuré que je serais en position éligible sur la liste LR. Il me proposera à la sixième place lors de la CNI (commission nationale d'investiture) ce mercredi", assure celle qui siège au parlement européen depuis 2009.

Mais "à Paris, il est urgent de changer de politique et je proposerai de le faire. Je m'y engagerai sans hésitation". "Je réfléchis très sérieusement à cette candidature", poursuit Mme Dati, explique l'édile du très chic VIIe arrondissement. 

Cette annonce constitue un premier rebondissement alors que la Commission d'investiture de LR doit débattre mercredi des élections européennes.

Après le trio de tête déjà désigné, composé de François-Xavier Bellamy, Agnès Evren et Arnaud Danjean, une trentaine de noms doivent être mis sur la table, mais pas leur ordre sur la liste, selon l'entourage de M. Wauquiez.

"Paris a toujours été la ville de toutes les promesses, celle de l'émancipation où se réalisent les rêves et les ambitions. Paris répond-elle toujours à cette promesse ? Je ne le crois pas. Je veux redonner à Paris cette ambition", ajoute Mme Dati, qui a récemment multiplié les sorties et les cafés-débats dans l'est de la capitale.

"Convaincue" que la droite peut gagner les municipales dans la capitale, acquise à la gauche depuis 20 ans, elle estime que "la droite a fait ses preuves sur de nombreuses questions telles que la sécurité, la gestion des finances publiques ou l'environnement".

Mais l'équation est plus compliquée qu'elle ne paraît depuis 2017 et le triomphe des candidats En Marche aux législatives qui ont ravi la majorité des circonscriptions parisiennes, y compris dans des bastions de droite.

D'autres candidats se sont déjà déclarés au sein de LR, tel le maire du VIe arrondissement Jean-Pierre Lecoq.

- Des centristes ? -

De son côté, la maire du Ve et cheffe de file du groupe Républicains et indépendants (LRI), Florence Berthoud, s'est récemment prononcée en faveur d'une primaire, mode de désignation déjà expérimenté en 2014. Mais pour l'ancienne ministre, "si on part divisés, on laisse les clés de Paris à Anne Hidalgo. La division a toujours servi l'adversaire. Et je crois qu'une primaire ne ferait que la renforcer".

Avant de trancher ce débat capital, avec une commission d'investiture prévue à l'automne, Les Républicains s'affairent à composer la liste pour les Européennes du 26 mai, premier test grandeur nature pour la présidence de Laurent Wauquiez.

A défaut de garanties quant à leur position sur la liste, plusieurs eurodéputés sortants devraient être reconduits, notamment Nadine Morano, Brice Hortefeux, Geoffroy Didier, Franck Proust, Alain Cadec, Angélique Delahaye et Anne Sander.

Parmi les possibles entrants, circulent les noms des porte-parole du parti Lydia Guirous et Laurence Sailliet, de l'ex-députée Laurence Arribagé, ou encore de Cristina Storoni, directrice adjointe du cabinet du président du groupe LR à l'Assemblée Christian Jacob.

Circulent également les noms du vice-président de la région Ile-de-France et proche de Nicolas Sarkozy, Frédéric Péchenard, du maire de La Ciotat Patrick Boré ou encore de l'adjoint au maire de Nice Bernard Asso. Quelques places devraient également être réservées à des candidats centristes du parti d'Hervé Morin, sous réserve d'accord électoral.

Annoncer des noms sans donner leur ordre sur la liste, "cela permet de commencer la campagne avec 30 candidats qui vont se déployer, sans se poser la question des éligibles et des non-éligibles", a-t-on expliqué dans l'entourage de Laurent Wauquiez.

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