Lourdes : le FN diffuse l'adresse de logements occupés par des réfugiés

Lourdes : le FN diffuse l'adresse de logements occupés par des réfugiés
Le logo du Front national (illustration).

, publié le jeudi 20 octobre 2016 à 20h00

La section locale FN des Hautes-Pyrénées s'est insurgée de la venue de réfugiés à Lourdes et a diffusé l'adresse des logements les hébergeant sur Facebook, avant de se raviser et de supprimer la publication.

Une partie de la droite et le Front national sont vent debout depuis plusieurs jours contre la répartition de réfugiés de la jungle de Calais sur le territoire français, en témoigne l'association de maires "Ma commune sans migrants". La section locale frontiste des Hautes-Pyrénées a cependant franchi une étape supplémentaire.



Comme le relèvent les sites StreetPress et Le Lab d'Europe 1, le Front national 65 a publié le 17 octobre sur sa page Facebook un texte s'insurgeant contre le venue de "250 'migrants', logés, nourris et soignés gratuitement, et même payés aux frais du contribuable dans Lourdes". Et d'ajouter : "On ne peut qu'être révoltés devant cette injustice et cette préférence étrangère".



108 DEMANDEURS D'ASILE ET NON PAS 250, SELON LA PRÉFECTURE

Dans la publication, le parti affirme également que "des consignes ont été données aux agents de police pour qu'ils ne fassent rien d'autre que des 'mains courantes', en cas de problèmes même graves". Mais il ne s'arrête pas là et joint à la publication un document qu'il présente "comme une note interne de la police locale", explique StreetPress, et qui dévoile l'adresse des appartements occupés par des demandeurs d'asile à Lourdes.

Cependant, un article de la Dépêche du Midi explique que ce sont 108 demandeurs d'asile, et non pas 250, qui sont logés à Lourdes, et que la préfecture juge fantaisiste la consigne donnée aux policiers de ne pas intervenir. "Ce serait inimaginable de dire une chose pareille aux policiers. D'ailleurs, ni la mairie ni la préfecture n'ont autorité à dire ça", assure Catherine Galinié, directrice de cabinet à la préfecture.

LE FRONT NATIONAL DIT ASSUMER, MAIS SUPPRIME LA PUBLICATION

"Quand on installe des immigrés chez nous, la population est en droit de le savoir", justifie Olivier Monteil, conseiller régional de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées et secrétaire départemental du Front national des Hautes-Pyrénées, joint par téléphone part StreetPress.

"Ce sont des logements sociaux qui sont payés par nos impôts, qui sont normalement destinés à des travailleurs français dans la détresse et on les a réquisitionnés pour les donner à des migrants. C'est une injustice et une discrimination", ajoute-t-il. Joint également par Le Lab, il est allé plus loin en expliquant que "des logements privés ont même été réquisitionnés. Des terroristes peuvent se cacher parmi eux. On ne doit pas se contraindre à une mesure de précaution".

Interrogé sur les risques de débordements liés au dévoilement de ces adresses et à la responsabilité du FN, Olivier Monteil ne s'estime pas responsable, contrairement au gouvernement. "Je ne mets en danger personne, je donne une information qui devrait être publique. (...) C'est le gouvernement qui devrait avoir peur des conséquences de ce qu'il fait. Les Français, ils paient leur impôt, ils touchent une petite retraite, ils triment toute leur vie, ils élèvent leurs enfants, ils ont le droit d'avoir des comptes de leur autorité", a-t-il déclaré à StreetPress.

Cependant, il explique avoir supprimé les commentaires haineux sous la publication Facebook. "Pas question qu'on tolère des commentaires racistes", a-t-il assuré au Lab. Mais dans l'après-midi du jeudi 20 octobre, la publication a été supprimée du réseau social, peu de temps après que l'affaire a été relayée par les deux sites d'information. L'association France Terre d'asile a porté plainte pour "atteinte à la vie privée et divulgation d'informations pouvant mettre en danger nos résidents".

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