Loi Travail : "Je ne suis pas un sergent-chef !", lance Philippe Martinez

Loi Travail : "Je ne suis pas un sergent-chef !", lance Philippe Martinez
Philippe Martinez (ici le 31 mai à Fougères) n'a pas eu d'échanges avec Myriam El Khomri.

, publié le lundi 13 juin 2016 à 08h47

- Figure de la mobilisation contre la loi Travail, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a douché les espoirs de ceux qui espéraient un échange imminent entre lui et la ministre du Travail. Myriam El Khomri avait déclaré vendredi 10 juin être "prête à recevoir le Philippe Martinez dans la minute si cela peut permettre de lever tous les blocages".

"Elle ne m'a pas appelé", a répondu le syndicaliste lundi matin sur Europe 1. Interrogé sur ses échanges avec les membres de son syndicat, ce dernier a également indiqué qu'il n'était "pas un "sergent-chef qui dit c'est comme ça et pas autrement". -

Un coup d'épée dans l'eau. L'esquisse de porte ouverte entrevue entre le gouvernement et la CGT n'a abouti à aucune rencontre entre les deux camps pendant le week-end, alors que le syndicat a promis une "énorme mobilisation" mardi 14 juin, à l'occasion d'une nouvelle journée d'action. "Je n'ai rien fait croire", se défend Martinez. "Elle (Myriam El Khomri, ndlr) a mon numéro de téléphone, je suis disponible", a t-il encore ajouté.

"TROIS MOIS" DE MOBILISATION, "PAS DE DIALOGUE"

Le leader de la CGT a contourné l'attaque de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui a estimé que les blocages contre le loi Travail "viennent de salariés et d'agents qui ne sont pas concernés par le projet de loi", et a déploré "un jeu de rôles" entre la CGT et le gouvernement, en dénonçant des "postures" prises par la CGT. "Laurent Berger dit ce qu'il veut". "Ça fait trois mois qu'on demande à discuter", lui répond Philippe Martinez, se félicitant toutefois de la rencontre programmée entre le syndicat et le gouvernement.

Interrogé sur la "minorité" de grévistes mobilisés contre la loi Travail, Philippe Martinez s'est défendu en indiquant qu'une "majorité de syndicats" ne veulent pas du texte en l'état. "Ça fait trois mois qu'on est prêt à discuter", martèle t-il encore.


"Pour l'instant il n'y a pas eu de dialogue", estime t-il, ajoutant qu'il "y a un problème", et qu'il "faut en sortir". Le secrétaire général de la CGT n'a pas souhaité exprimer de directives sur la suite de la mobilisation et sur l'accord proposé mardi dernier par la SNCF. "Le mouvement c'est le salarié qui le décide", a t-il affirmé, en indiquant qu'il ne souhaitait pas imposer d'ordres à ses troupes. "Je ne suis pas un sergent-chef ou un caporal-chef qui dit c'est comme ça et pas autrement", a t-il lancé. Mardi une journée de mobilisation nationale contre le projet de loi travail, avec un défilé unique à Paris, est organisée à l'appel de sept syndicats dont la CGT.

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