Loi "sécurité globale" : l'opposition accueille avec sévérité l'annonce de la réécriture de l'article 24

Loi "sécurité globale" : l'opposition accueille avec sévérité l'annonce de la réécriture de l'article 24
Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise.

, publié le lundi 30 novembre 2020 à 21h45

Ce lundi 30 novembre, Christophe Castaner, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, a annoncé que l'article 24 de la loi "sécurité globale" allait être totalement réécrit.

L'opposition a accueilli avec sévérité l'annonce faite par Christophe Castaner, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, de la réécriture du tant décrié article 24 de la loi "sécurité globale" ce lundi 30 novembre. Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, a notamment raillé : "Rantanplan est au pouvoir."


"LREM s'emmêle dans le tapis du Sénat.

Car l'article 24 est encore dans le texte soumis au Sénat. Lui seul peut 'entièrement le réécrire'. D'ailleurs le président du groupe LREM du Sénat n'a même pas été invité à la conférence de presse de Castaner", a-t-il précisé.


L'eurodéputée LFI Manon Aubry s'est interrogée : "L'article 24 'suspendu' pour mieux le réintroduire dans la loi séparatisme ? Vos ficelles sont grosses et votre bidouillage ne trompe personne." Puis d'ajouter sur Twitter : "Il est temps de mettre fin au bal des hypocrites ! Au parlement européen, LREM vote sans sourciller des textes qui soutiennent le droit de filmer des policiers et fait la leçon à la terre entière sur l'Etat de droit pendant qu'en France ils détruisent nos libertés fondamentales."



"Il vaudrait mieux lâcher l'affaire"

"C'est un premier recul. Mais nous voulons le retrait de cet article et de toute la loi", a quant à lui demandé le patron du PCF Fabien Roussel. Pour le député communiste Pierre Dharréville, "il vaudrait mieux lâcher l'affaire".

Pour la sénatrice PS Laurence Rossignol, "leur inventivité et leur potentiel d'enfumage sont sans limites ! Cette petite phrase 'la majorité parlementaire suspend l'article 24' ne passerait même pas le cap d'un TD de première année en droit constitutionnel".

A droite, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a estimé que "l'exécutif et sa majorité vont d'erreur en erreur", ajoutant, lui aussi, que la réécriture de l'article "dépend désormais du Sénat" où le texte doit en principe être examiné en janvier.


"Une bande pieds nickelés"

"Réécrire un article déjà voté, c'est original comme méthode... Nous sommes gouvernés par une bande de pieds nickelés", a ironisé le porte-parole du RN Sébastien Chenu.


"Ils sont passés en force ! Et voilà qu'ils doivent tout réécrire...", a raillé le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, déplorant un processus "consternant".

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