Loi asile immigration : le FN et LR montent au créneau

Loi asile immigration : le FN et LR montent au créneau
Pour la présidente du Front national (FN), la criminalité va "s'accélérer avec le projet de loi du gouvernement".

Orange avec AFP, publié le jeudi 11 janvier 2018 à 15h25

Matignon a transmis mercredi aux associations son projet de loi sur l'asile et l'immigration. Le texte prévoit de réduire les délais d'instruction de la demande d'asile et les délais de recours.

Pour lutter contre l'immigration irrégulière, l'exécutif entend également augmenter la durée maximale de la retenue et de la rétention administratives.

Pour beaucoup d'associations, il s'agit d'"un texte déséquilibré", qui penche dans le sens des mesures coercitives. Au cœur des critiques : le "véritable tri" organisé par une circulaire qui permettrait d'"utiliser" l'hébergement d'urgence pour "faciliter" l'éloignement du territoire. Les plaignants dénoncent ainsi l'envoi d'"équipes mobiles" dans les centres, mesure "dénuée de base légale", "parfaitement contraire aux droits et libertés", et qui "porte une atteinte grave et immédiate" aux associations et à leur action.

Le gouvernement a laissé entendre que des inflexions étaient possibles sur l'accueil : "je suis preneur", dans le travail avec les parlementaires notamment, de "tout ce qui ira dans le sens d'un renforcement de l'insertion des réfugiés", a affirmé lundi Gérard Collomb à l'AFP.

À rebours de ces critiques, Les Républicains (LR) et le Front national (FN) y voient, eux, un texte laxiste : pour la présidente du FN, la criminalité - qui est "la conséquence de l'immigration" - va "s'accélérer avec le projet de loi du gouvernement". Le groupe FN à l'Assemblée prévoit de déposer des amendements quand le texte sera présenté à l'Assemblée en février.

"AU MIEUX UN COUP D'ÉPÉE DANS L'EAU"

Dans un communiqué publié ce jeudi, Les Républicains (LR) se disent, eux, "très inquiets du laxisme du gouvernement face au défi migratoire". L'un des porte-parole de LR, Gilles Platret, craint que la "timidité du texte ne fasse qu'accélérer les phénomènes migratoires dont la France est l'objet". "La loi en préparation est au mieux un coup d'épée dans l'eau, au pire un écran de fumée, peut-être destiné à donner le change, mais bien incapable en l'état de faire face à la nouvelle donne internationale, ni de protéger les Français contre une immigration clandestine massive", estiment-ils.



Les Républicains ciblent notamment l'absence d'outils pour "dissuader les clandestins de se servir du droit d'asile comme d'un prétexte à leur désir d'immigration économique", et "rendre effectives les reconduites à la frontière". Ils dénoncent par ailleurs "l'augmentation vertigineuse de 108 millions d'euros de l'Aide médicale d'Etat (AME) dans la loi de finances 2018, véritable appel d'air à l'immigration clandestine", et "la baisse de 7% des crédits affectés aux reconductions à la frontière".

À l'inverse, le député LR de l'Yonne Guillaume Larrivé, spécialiste des questions régaliennes, a affirmé dans un tweet qu'il "ne participerai pas aux petites polémiques pavloviennes sur l'avant-projet de loi relatif à l'immigration. Ayons un débat sérieux, à l'Assemblée nationale, article après article, dans l'intérêt de la France."



"Il n'y a pas de raison d'enflammer le débat avant même qu'il ait lieu", a déclaré le président (LREM) de l'Assemblée à quelques journalistes, après ses voeux à la presse. "J'entends certains faire référence aux années 1930. Si certains veulent revenir aux lois sur l'immigration de la fin des années 1930, je les invite à regarder de près...", a-t-il glissé, appelant à "garder le sens des mots".

Insistant sur l'importance de ne pas agir "sous la pression de la dernière pétition ou de la dernière Une, de la dernière expression de tel intellectuel ou association", l'élu a considéré qu'"elles sont légitimes ces expressions, mais le gouvernement, les députés et les sénateurs exercent un mandat en ayant été élus et rendent des comptes devant les Français".

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