Loi alimentation: les deux premières ordonnances "dans les tout prochains jours" (Guillaume)

Loi alimentation: les deux premières ordonnances "dans les tout prochains jours" (Guillaume)
Didier Guillaume à Paris, le 30 octobre 2018

AFP, publié le mardi 13 novembre 2018 à 20h32

Les deux premières ordonnances prévues dans le cadre de la loi alimentation devraient être présentées en conseil des ministres "dans les tout prochains jours", a indiqué mardi le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume.

"La sortie des ordonnances sur le seuil de revente à perte et sur les promotions dans la distribution est prévue dans les tout prochains jours", a déclaré le ministre, en marge d'un colloque sur les réseaux de fermes Dephy qui cherchent à réduire les volumes de pesticides.

"Aujourd'hui, la situation est trop déséquilibrée, le producteur ne peut pas être considéré comme un moins que rien" face aux industriels de l'agroalimentaire et à la grande distribution, a-t-il dit.

Une troisième ordonnance de la loi, prévoyant la séparation de la vente et du conseil en matière de pesticides dans les coopératives et négoces agricoles devrait, elle, être adoptée "dans quelques semaines", vraisemblablement au cours du "premier trimestre 2019", a-t-il précisé.

S'adressant aux 3.000 membres du réseau de fermes Dephy qui mettent en commun jusqu'à mercredi soir à Paris les résultats de leurs expériences et tatonnements en matière de réduction des intrants chimiques en agriculture, le ministre les a chaudement félicités: "Le réseau Dephy a un rôle très important à jouer pour passer aux bonnes pratiques partout, on a besoin d'éclaireurs", a-t-il dit.

Le ministre a néanmoins regretté "l'échec" du plan gouvernemental Ecophyto lancé par ses prédécesseurs, qui n'est pas parvenu à faire baisser les volumes de produits phyto-sanitaires (pesticides, fongicides etc..) utilisés en agriculture.

"Avec Dephy, on veut financer les bonnes pratiques, on ne peut pas rester dans la situation actuelle même si le plan Ecophyto n'a pas fonctionné, on va accompagner les filières et sortir du glyphosate en 2020", a-t-il promis.

"Si on ne veut pas que l'agriculture soit déconnectée de la société alors elle est obligée d'avancer" a-t-il déclaré, en critiquant néanmoins "l'agri-bashing" qui se développe dans certains endroits. "Je défendrai toujours les agriculteurs", a-t-il dit, "mais il faut que ça bouge".

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