Liste "gilets jaunes" aux européennes : Nicolas Dupont-Aignan s'interroge sur le rôle de Bernard Tapie

Liste "gilets jaunes" aux européennes : Nicolas Dupont-Aignan s'interroge sur le rôle de Bernard Tapie
Nicolas Dupont-Aignan le 6 décembre 2012 à Paris.

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 24 janvier 2019 à 12h59

Le président de Debout la France s'est interrogé jeudi matin sur Europe 1 sur les liens entre cette liste menée par la "gilet jaune" Ingrid Levavasseur et Bernard Tapie. Le patron de presse avait reçu des "gilets jaunes" dans les locaux du journal La Provence au début du mois de janvier. 

Des "gilets jaunes" ont annoncé mercredi 23 janvier la constitution d'une liste en vue des européennes, emmenée par Ingrid Levavasseur, figure des "gilets jaunes".

Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, soutien fervent des "gilets jaunes" depuis le début du mouvement mais désormais concurrent électoral de cette liste, s'est interrogé jeudi sur Europe 1 sur un possible "coup politique avec Bernard Tapie". "Je veux juste qu'on joue à armes égales, c'est à dire qu'on sache exactement quelle est leur position européenne et quels sont leurs soutiens ?" a demandé le président de Debout la France. 

Tapie et Macron derrière la liste des "gilets jaunes" ? 

"Ce sont les 'gilets jaunes' qui nous disaient hier : elle (Ingrid Levavasseur, ndlr) est hébergée chez Bernard Tapie au journal La Provence. Commencer chez les 'gilets jaunes' et finir chez Bernard Tapie ça fait un sacré quart de tour. Je demande juste que ce mouvement des 'gilets jaunes' que je soutiens (...) reste pur". Pour rappel, Ingrid Levavasseur, une aide-soignante de l'Eure, ainsi que plusieurs autres "gilets jaunes" s'étaient réunis dans les locaux de la Provence, prêtés par Bernard Tapie, actionnaire majoritaire du groupe de presse, samedi 5 janvier. Le président de Debout la France croit-il que Bernard Tapie est derrière la liste des "gilets jaunes" ? "Je m'interroge et je pense qu'il faut la clarté", répond l'ancien candidat à la présidentielle. "Si c'est pour commencer sur les ronds-points pour défendre les petits (...) et finir dans les locaux de Tapie, ça fait un sacré choc", répète-t-il.

Interrogé ensuite sur le fait de savoir s'il y voyait "un coup politique avec Bernard Tapie et Emmanuel Macron derrière", il a répondu : "Je le crains peut-être, mais je me fais peut-être des idées, donc ils vont clarifier tout ça rapidement". "Si les 'gilets jaunes' font une offre claire aux Français, tant mieux, c'est la concurrence. Si certains 'gilets jaunes' instrumentalisent le gilet jaune pour faire un coup politique avec Bernard Tapie, ce n'est pas la même chose", a souligné le patron de Debout la France.

"Tapie ne finance pas notre liste"

Le "ralliement d'initiative citoyenne" (RIC) a diffusé mercredi un embryon de liste comprenant dix noms. L'objectif est de constituer une liste complète de 79 candidats d'ici "mi-février" en vue du scrutin du 26 mai qui doit désigner les eurodéputés français, a précisé l'un de ses responsables. Le directeur de campagne de cette liste, Hayk Shahinyan a démenti jeudi 24 janvier tout lien entre cette liste et Bernard Tapie. Une mise au point en réponse aux "rumeurs qui circulent" sur internet. "Bernard Tapie ne finance pas notre liste, il n'est pas à la tête de cette initiative, rien à voir avec Bernard Tapie", a assuré sur RTL Hayk Shahinyan, préférant "préciser, parce qu'il y a beaucoup de rumeurs qui circulent".



"Je suis content que des gens (...) qui ont enfilé un gilet jaune posent le gilet et disent : nous on va porter une liste aux élections et porter des propositions avec un projet, avec des choses tangibles sur lesquelles les électeurs vont pouvoir se prononcer", a de son côté réagi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux sur Radio-Classique. Les Républicains Bruno Rétailleau et Christian Jacob ont également salué la création de cette liste. 

"Ça fait partie de la démocratie", a commenté pour sa part sur Franceinfo le candidat du Rassemblement national Jordan Bardella. "J'ai quand même eu l'impression que beaucoup de 'gilets jaunes' qui se sont déplacés dans les rues étaient attachés à l'essence apolitique de ce mouvement", a-t-il poursuivi. 

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