Les violences urbaines, "faillite du vivre-ensemble", selon Bay (RN)

Les violences urbaines, "faillite du vivre-ensemble", selon Bay (RN)
Nicolas Bay en octobre 2019 à Bruxelles

, publié le mercredi 22 avril 2020 à 12h00

Les récentes violences dans certains quartiers sensibles révèlent une "faillite du vivre-ensemble", a estimé mercredi l'eurodéputé et membre de la direction du Rassemblement national Nicolas Bay.

"Cette crise sanitaire révèle l'état de notre pays dans différents aspects. On a vu une vraie faillite de la gouvernance de notre pays, on a vu une vraie faillite du modèle économique mondialiste (...) et c'est évidemment la faillite de ce vivre-ensemble qu'on nous a beaucoup vendu et dont on s'aperçoit qu'aujourd'hui, il n'existe pas du tout", a déclaré sur France2 et franceinfoTV le dirigeant du RN au sujet de ces violences, notamment en banlieue parisienne.

Pour Nicolas Bay, "la France vit un confinement à deux vitesses. Il y a des endroits où les Français respectent scrupuleusement les règles, et des endroits où, d'une manière générale, la loi n'est pas ou mal respectée, et c'est également le cas en période de confinement".

Ces violences sont "le problème d'une police sous-équipée, en sous effectifs", "nos policiers sont tétanisés, ils sont paralysés (...) Ils ont la hantise de la bavure", a estimé le responsable d'extrême droite.

En outre, "des milliers de personnes ont été libérées des prisons en raison de la crise sanitaire" et "c'est pour les délinquants, pour les criminels, un signal qui a été reçu 5 sur 5", un "signal de laxisme", a jugé M. Bay, qui plaide pour une "fermeté absolue". "Il ne faut pas prétexter qu'il y a la crise sanitaire pour ne plus sanctionner lourdement ceux qui commettent des actions violentes."

Des incidents sporadiques ont éclaté dans plusieurs quartiers des Hauts-de-Seine dans la nuit de mardi à mercredi. Mais lors de cette quatrième nuit de tensions, ils ont été globalement de plus faible intensité par rapport aux nuits précédentes, selon la préfecture du département.

Marine Le Pen avait réclamé mardi la "neutralisation des racailles" et accusé "l'État macronien" d'avoir offert un "renfort insensé" à la délinquance "en libérant des milliers de détenus".

Le vice-président du RN Jordan Bardella a souhaité mardi soir sur RTL "instaurer un couvre-feu dans toutes les communes qui sont concernées par ces émeutes".

Le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, a lui aussi plaidé mercredi en faveur d'un "couvre-feu" dans les quartiers touchés par des violences mais il a précisé qu'on "ne peut pas le généraliser parce que quand on édicte une règle il faut être capable de sanctionner le manquement à la règle".

"Là où il y a problème, il faut le couvre-feu", a-t-il dit sur France Inter. "Ca ne supprimera peut-être pas la violence mais au moins les choses seront claires. Quand il y a un couvre-feu, la personne qui se retrouve dans la rue, elle ne pourra pas dire +je vais voir ma grand-mère+".

Neuf personnes ont été interpellées dans la nuit de mardi à mercredi dans l'agglomération parisienne où plusieurs communes ont été le théâtre de violences urbaines, selon les autorités, une source policière soulignant une "situation moins tendue que la nuit précédente".

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