Les Républicains dégainent leur programme à défaut d'un candidat

Chargement en cours
Lors de l'Université d'été de LR à La Baule le 28 août 2021
Lors de l'Université d'été de LR à La Baule le 28 août 2021
1/3
© AFP, Sebastien SALOM-GOMIS
A lire aussi

publié le dimanche 05 septembre 2021 à 08h20

Un programme plus que des querelles d'ego: Les Républicains ont préféré placer leur rentrée sous le signe des idées, éludant l'épineuse question de leur candidat, qui suscitait pourtant des avis tranchés samedi parmi les jeunes réunis au Parc floral de Paris pour leurs universités d'été.

"On est sur la dernière ligne droite" avant la présidentielle, a lancé le président de LR Christian Jacob, certain que la droite est en mesure de l'emporter après dix ans dans l'opposition.

Plus de 1.500 personnes étaient inscrites pour ces universités d'été, deuxième édition pour le mouvement jeunes de LR qui revendique plus de 10.000 membres.

Dans le parc, Michel, 21 ans, est venu de Toulouse avec une quarantaine d'autres militants: "On espère en savoir plus sur la primaire, sur le candidat", assure-t-il.

Mais l'ordre du jour était au seul projet présidentiel, avec une série de tables rondes déclinant les thématiques-phares retenues par LR pour 2022: "protéger", "libérer" et "rassembler".

"La préoccupation des Français est de savoir notre capacité à gagner l'élection", assure, le président de LR, Christian Jacob. "Ils ne s'intéressent pas à la primaire", abonde le secrétaire général du parti Aurélien Pradié.

La direction des Républicains est très réticente à organiser une primaire, synonyme selon elle de divisions, et Christian Jacob a répété cette semaine que ce serait aux militants de décider sur la méthode, avec un congrès prévu le 25 septembre. 

Très sollicités par les médias, trois candidats ayant accepté le principe d'un départage étaient invités à ces tables rondes: Michel Barnier, Eric Ciotti et Philippe Juvin. 

Mais c'est l'arrivée de la quatrième  prétendante éventuelle, Valérie Pécresse, qui a été la plus animée en début de soirée: la présidente de l'Ile-de-France, qui a pourtant quitté LR en 2019, a suscité un attroupement lorsqu'elle a déambulé, aux côtés de Christian Jacob, et cernée par une nuée de caméras et de militants sollicitant des selfies.

Lui aussi dissident de LR, Xavier Bertrand est le mieux placé dans les sondages, même si son avantage sur Valérie Pécresse se réduit -- un sondage samedi lui donnait, en fonction d'une candidature d'Eric Zemmour, entre 15 à 17% des suffrages, contre 14 à 16% à sa rivale (et 11 à 13% pour Michel Barnier).

Mais Xavier Bertrand compte se lancer dans la course à l'Elysée sans passer par la primaire -- une méthode mal digérée par les jeunes militants, très attachés à la fidélité au parti.

- "Machine à perdre" -

"C'est une honte", estime Alya, 19 ans. "Il se fait passer pour le candidat naturel, mais il ne l'est pas". "Il se prend pour le Messie", ajoute son voisin tout aussi remonté.

"Xavier Bertrand, la base ne suit pas", assure Thomas, 21 ans, qui estime inévitable d'en passer par la primaire car "personne ne se dégage".

L'apparition du président de la région Hauts-de-France, dans une courte vidéo des vainqueurs aux régionales, avait suscité des huées lors de l'ouverture -- contre des applaudissements pour Laurent Wauquiez, et une réaction mitigée pour Valérie Pécresse.

"Tout bouge, c'est un congrès de jeunes", relativise Christian Jacob. "Il y avait dans la salle beaucoup de jeunes venant du sud et d'Ile-de-France", se rassure un soutien de Xavier Bertrand.

Le nom de Valérie Pécresse semble mieux passer auprès de ces jeunes, dont beaucoup plaident pour une primaire: "C'est elle qui a le plus de chances de l'emporter, elle est la moins pire. Qu'elle ne soit plus chez LR n'est pas un problème: le militantisme a évolué", assure Michel qui "adorerait que Barnier soit désigné". "Mais il fait un peu +papy+, surtout si en face on a Anne Hidalgo et Marine Le Pen", soupire-t-il.

"Il y aura une primaire, c'est nécessaire pour que le candidat désigné rassemble derrière lui", assure Benjamin, 21 ans. 

"Si on attend, le risque est que Xavier Bertrand prenne le large. La machine à perdre, il ne faut pas la remettre en marche. J'ai un petit peu peur", explique Maxime, 22 ans.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.