Les propos de Jean-Luc Mélenchon sur les "nazis" font polémique

Les propos de Jean-Luc Mélenchon sur les "nazis" font polémique
Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 23 septembre 2017.

Orange avec AFP, publié le dimanche 24 septembre 2017 à 11h50

"C'est la rue qui a abattu les rois, c'est la rue qui a abattu les nazis !" Les propos de Jean-Luc Mélenchon, samedi 23 septembre, lors de son discours pendant la manifestation de la France insoumise contre la réforme du droit du travail ne passent pas. Ministre, députés, mais aussi internautes se sont insurgés contre une déclaration "indigne", "délirante", "honteuse" ou encore "déshonorante".

Le leader de la France insoumise, habitué des propos tonitruants, répondait là à Emmanuel Macron, qui avait estimé le 19 septembre dans une interview à CNN que "la démocratie, ce n'est pas la rue".

"Monsieur le président, il vous reste à consulter l'Histoire de France pour apprendre que c'est la rue qui a abattu les rois, c'est la rue qui a abattu les nazis, c'est la rue qui a protégé la République contre les généraux félons en 1962 (en réalité en 1961 ndlr) (...) c'est la rue qui a obtenu la quatrième semaine de congés payés en 1968 (...) c'est la rue qui a abattu le plan Juppé (...) c'est la rue en 2006 qui a obtenu le retrait du CPE (...) c'est la rue toujours qui porte les aspirations du peuple français lorsqu'il ne peut les faire entendre autrement", a déclaré Jean-Luc Mélenchon dans son discours de clôture de la manifestation.




Dans le camp de la République en marche, la comparaison ne passe pas.

"Indigne de porter ces couleurs quand on mêle démocrates et républicains à la fange nazie. Ses ennemis sont... tous les autres!", a écrit le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner sur son compte Twitter. "Les amalgames délirants sont ici déshonorants", a de son côté tweeté le patron des députés LREM, Richard Ferrand.


La député Aurore Bergé à pointé "l'indécence" des propos du leader de la France insoumise, tandis que la ministre de l'Europe, Nathalie Loiseau a souligné que la rue avait "fait" les nazis. L'ancien Premier ministre Manuel Valls a également critiqué Jean-Luc Mélenchon et ses "références historiques hasardeuses".

"Comme une grande majorité de Français j'ai été choquée, indignée qu'on puisse mettre sur le même plan les nazis, des démocrates, des républicains", a déclaré la ministre du Travail, Muriel Pénicaud lors du "Grand rendez-vous" Europe 1/Les Echos/CNews. "Pour beaucoup de Français qui savent notre histoire, ces propos sont (...) indignes et honteux", a-t-elle ajouté, parlant d'une phrase "écoeurante".

Le Huffington Post a interrogé des proches du leader insoumis pour savoir ce qui l'avait poussé à faire cette comparaison. "Il n'y a bien évidemment aucun parallèle entre le régime nazi et Emmanuel Macron, assure le député LFI Éric Coquerel. Son propos s'inscrit dans une énumération des grands moments de l'histoire de France durant lesquels la démocratie a vécu grâce au peuple."

"Avec cette partie précise, Jean-Luc faisait référence à la Résistance et la mobilisation populaire qui a notamment permis la libération de Paris", dit-il encore. "Les Parisiens ont libéré Paris de l'occupation nazie, c'est le peuple qui l'a fait", confirme le député Alexis Corbière.

Les remous provoqué par ses propos son tels que Jean-Luc Mélenchon a tenu a préciser sa pensée sur son blog. "Je n'ai jamais comparé le gouvernement actuel aux nazis, cela va de soi", estime le chef de file de LFI dans un billet intitulé "La marche du peuple et la diversion".

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