Les présidents de régions s'inquiètent d'un éventuel report des élections régionales

Les présidents de régions s'inquiètent d'un éventuel report des élections régionales
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier a signé une tribune avec neuf de ses homologues pour s'opposer à un nouveau report des élections régionales.

, publié le lundi 22 mars 2021 à 08h44

Dans une tribune conjointe au Figaro, dix présidents de région de droite et de gauche s'opposent à une éventuel nouveau report de la date des élections régionales à cause de l'épidémie de Covid-19. 

Déjà reportées du mois de mars au 13 et 20 juin prochain, suivant les recommandations du rapport Debré, les élections régionales et départementales pourraient-elle encore être repoussées ? La troisième vague de l'épidémie du Covid-19 relance le débat sur un nouveau report des élections, fermement rejeté par les élus locaux et la droite, mais dont le sort dépend d'un avis du Conseil scientifique d'ici au 1er avril.




Ce à quoi s'opposent fermement dix présidents de région de droite comme de gauche s'opposent. "Toutes les élections sont essentielles. Ce n'est pas au Conseil scientifique de confiner la démocratie!", affirment dans une tribune conjointe publiée dimanche 21 mars au Figaro Renaud Muselier (LR, PACA), François Bonneau (PS, Centre-Val de Loire, Valérie Pécresse, (ex-LR, Île-de-France, Xavier Bertrand (ex-LR, Hauts-de-France), Carole Delga (PS, Occitanie), Christelle Morançais (LR, Pays de la Loire, Hervé Morin (Les Centristes, Normandie), Alain Rousset (PS, Nouvelle-Aquitaine), Laurent Wauquiez (LR, Auvergne-Rhône-Alpes et Ary Chalus (Guadeloupe unie/LREM, Guadeloupe).

Ce scrutin est "un moment important du fonctionnement démocratique de notre pays", écrivent les signataires.

"Ce serait faire preuve d'un pessimisme étonnant sur l'évolution de la situation sanitaire compte tenu des mesures annoncées et contradictoire avec l'optimisme affiché au plus haut sommet de l'Etat. Nous savons qu'il est possible d'organiser les opérations de vote dans le cadre d'un protocole sanitaire très sûr".

S'agissant de la campagne électorale, "citoyens, entreprises, associations, nous avons toutes et tous su adapter nos modalités de fonctionnement, notre accès à l'information, notre manière de débattre. Nous ne pouvons pas suspendre la démocratie à un retour à la normale alors même que tout le monde s'accorde à penser qu'il faudra s'habituer pour longtemps à vivre dans un nouveau contexte sanitaire", poursuivent les présidents de régions. Et d'interroger : "La situation sanitaire de mars peut-elle, sous couvert d'une clause de revoyure, servir de prétexte au report d'une échéance électorale prévue en juin?". 

"Pas de calculs politiques, la santé d'abord"

Lors de la présentation de son rapport en novembre, l'ancien président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré avait appelé à "ne pas confiner la démocratie". Il s'opposait à un report en septembre, estimant impossible pour les candidats de faire campagne pendant l'été. Et doutait de la constitutionnalité d'un report à la fin 2022, soit au-delà de la prochaine présidentielle, qui prolongerait d'un an le mandat des sortants. 

Un report du scrutin bousculerait les plans pour la présidentielle de certains, comme Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou encore Laurent Wauquiez, qui pourraient les utiliser comme tremplin pour 2022. 

Certains, notamment à droite, soupçonne par ailleurs la majorité macronienne de vouloir repousser à plus tard un scrutin qui ne devrait pas lui être favorable. "Emmanuel Macron va tout tenter. Il est bien meilleur à gérer son avenir qu'à gérer la France", a estimé en fin de semaine Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR et potentiel candidat à l'Elysée.

Au sein du gouvernement, on reconnaît que ce sujet est "hyper-sensible". "Si on y met le doigt, on nous accuse de tripatouiller", convient une source gouvernementale. Mais l'exécutif souligne auprès de l'AFP qu'il se conformera strictement à l'avis du Conseil scientifique. Et assure : "pas de calculs politiques, la santé d'abord".
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.