Les ministres d'Emmanuel Macron pris dans la tourmente judiciaire

Les ministres d'Emmanuel Macron pris dans la tourmente judiciaire
Agnès Buzyn a été mise en examen pour mise en danger de la vie d'autrui

publié le samedi 11 septembre 2021 à 16h15

L'ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, mise en examen vendredi par la Cour de Justice de la République (CJR), n'est pas la seule membre du gouvernement a avoir des démêlés judiciaires depuis le début de la présidence d'Emmanuel Macron. Qui sont les ministres ou secrétaires d'Etat dans la tourmente ?

Agnès Buzyn
Convoquée dans le cadre d'une enquête sur la gestion de l'épidémie de covid-19, Agnès Buzyn a été mise en examen pour "mise en danger de la vie d'autrui" à l'issue de son audition.

Dans le même dossier, la CJR mène également depuis juillet 2020 une instruction concernant son successeur Olivier Véran et l'ancien Premier ministre Edouard Philippe.
 
Eric Dupond-Moretti
Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a été mis en examen le 16 juillet 2021 pour "prise illégale d'intérêts" par la CJR. Objet de plaintes des trois syndicats de magistrats et de l'association Anticor, il est soupçonné d'avoir profité de sa fonction de ministre pour régler ses comptes avec des magistrats avec lesquels il avait eu maille à partir quand il était avocat, ce qu'il réfute.
Le Premier ministre, Jean Castex, lui a renouvelé "toute sa confiance".


Alain Griset renvoyé en correctionnelle
Le ministre chargé des PME Alain Griset est cité à comparaître le 22 septembre 2021 devant le tribunal correctionnel de Paris pour des omissions substantielles - de l'ordre "de 171.000 euros" - dans ses déclarations de patrimoine et d'intérêts lors de son entrée au gouvernement en juillet 2020.
La Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), auprès de qui les membres du gouvernement doivent déclarer leur patrimoine, avait annoncé saisir la justice de son cas le 24 novembre 2020. 

Gérald Darmanin
Accusé d'abus de faiblesse par une habitante de Tourcoing (Nord) qui affirmait avoir été contrainte à des relations sexuelles en échange d'un logement et d'un emploi, Gérald Darmanin bénéficie d'un classement sans suite de l'affaire en 2018. Accusé par une autre femme d'un viol intervenu en 2009 au moment où il était un responsable UMP intermédiaire, Gérald Darmanin bénéficie aussi de classements sans suite en 2017 et 2018, mais la plaignante obtient la relance des investigations en juin 2020.
Le ministre, placé sous le statut de témoin assisté, a été confronté à son accusatrice en mars 2021.

D'autres ministres objets d'enquêtes
Le Haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, a démissionné du gouvernement en décembre 2019 après avoir été mis en cause pour ne pas avoir déclaré plusieurs mandats à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Il fait l'objet d'une enquête pour "abus de confiance", "abus de biens sociaux" et recels.
Le secrétaire d'État à la Fonction publique, Olivier Dussopt, est visé par une enquête du parquet national financier (PNF) pour "corruption" et "prise illégale d'intérêts" pour avoir reçu en 2017 deux lithographies en cadeau d'une entreprise, alors qu'il était député-maire d'Annonay (Ardèche). Le PNF enquête aussi depuis mars 2019 sur des soupçons de "prise illégale d'intérêts" visant Sébastien Lecornu, chargé des Outre-mer, pour ses activités passées à la tête du département de l'Eure et au conseil d'administration d'une société autoroutière. 

Plus anciennement, Richard Ferrand
A peine nommé ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand est épinglé par le Canard enchaîné qui révèle qu'en 2011, les Mutuelles de Bretagne qu'il dirigeait alors ont loué des locaux commerciaux appartenant à sa compagne.
Il quitte le gouvernement le 19 juin 2017 et succède à François de Rugy à la présidence de l'Assemblée nationale en septembre 2018. Mis en examen pour "prise illégale d'intérêts" en septembre 2019, il se voit reconnaître le 31 mars 2021 la prescription des faits, mais cette décision n'est pas définitive.

... et François Bayrou, Marielle de Sarnez, Sylvie Goulard
Le 9 juin 2017, le parquet de Paris ouvre une enquête visant le MoDem, présidé par François Bayrou, sur des soupçons d'emplois fictifs.La justice soupçonne des collaborateurs d'eurodéputés MoDem, notamment Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard, d'avoir été rémunérés par des fonds du Parlement européen alors qu'ils étaient affectés à d'autres tâches pour le parti centriste.
Le 21 juin, Sylvie Goulard, devenue ministre des Armées, quitte le gouvernement, suivie de François Bayrou (Justice) et de Marielle de Sarnez (Affaires européennes). Fin 2019, Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez (décédée en janvier 2021) sont mises en examen pour "détournement de fonds publics" et François Bayrou pour "complicité" de ce délit.

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