"Les inconvénients du confinement deviennent supérieurs aux bénéfices", estime Bruno Retailleau

"Les inconvénients du confinement deviennent supérieurs aux bénéfices", estime Bruno Retailleau
Le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, le 5 février 2019.
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, publié le mardi 21 avril 2020 à 11h10

Le sénateur LR, qui s'inquiète d'un "décrochement" de l'économie française, estime qu'au sortir de la crise il faudra revenir sur la réduction du temps de travail. 

Si le confinement "fonctionne" en permettant de "freiner l'épidémie", aujourd'hui "les inconvénients du confinement deviennent supérieurs aux bénéfices que l'on peut en attendre", estime le chef de file des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau dans un entretien aux Echos. Le parlementaire, qui s'inquiète d'un "décrochement" de l'économie française, estime qu'au sortir de la crise, il faudra redoubler "d'effort". 



Sur le plan humain "l'isolement tue, parce que des personnes âgées se laissent glisser et aussi parce que d'autres renoncent à consulter pour des maladies qui s'aggravent dangereusement", explique le sénateur. Sur le plan économique, "le coût économique de la crise est d'autant plus important que le confinement est généralisé et qu'il dure".

En France, il sera "astronomique" "parce que nous aurons déconfiné tardivement sans avoir anticipé les conditions du déconfinement". "Cette épidémie risque d'accentuer notre décrochement" et creuser l'écart "avec d'autres pays, dont les entreprises seront prêtes à redémarrer avant les nôtres", met en garde Bruno Retailleau. 

Au sortir de cette crise, "la France va avoir le choix entre le relèvement et l'affaissement", estime le sénateur. Faudra-t-il revenir sur la réduction du temps de travail ? "Oui, à la fois pour améliorer notre richesse nationale et le salaire des Français", affirme Bruno Retailleau tout en expliquant que "ce débat est encore prématuré parce qu'il ne faut pas se perdre dans des querelles qui détournent du combat contre l'épidémie, mais le moment viendra où, si nous voulons rebondir, nous n'aurons d'autre choix que le sursaut".  De son côté, le Medef a pour l'heure refermé le débat face à l'hostilité des syndicats et de la gauche.


"Rien ne serait pire que de nous laisser aller aux mensonges qui ont trompé les Français depuis trente ans. On leur a fait croire qu'en travaillant moins, nous pouvions garder à la fois les standards sociaux auxquels nous sommes à juste titre attachés et notre niveau de vie", regrette-t-il. "Je ne connais pas dans l'Histoire de cas où on puisse traverser une épreuve et s'en relever sans un surcroît d'effort", ajoute-t-il. 
 

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