Les Français de moins en moins intéressés par l'élection présidentielle

Les Français de moins en moins intéressés par l'élection présidentielle©Ludovic MARIN / POOL / AFP

publié le vendredi 28 janvier 2022 à 05h00

SONDAGE. Selon la dernière enquête BVA pour RTL et Orange, 73% des Français déclarent s'intéresser à l'élection présidentielle, en baisse de deux points par rapport au 7 janvier, et seuls 71% d'entre sont certains d'aller voter au premier tour, contre 74% au début de mois, conséquences probable d'une campagne qui peine à démarrer et qui n'aborde pas leurs vrais sujets de préoccupation.

A mesure que l'échéance se rapproche et que les programmes des candidats se précisent, les Français devraient s'intéresser de plus en plus à l'élection présidentielle.

C'est pourtant tout le contraire, révèle vendredi 28 janvier la dernière enquête BVA pour RTL et Orange*. 73% d'entre eux déclarent s'y intéresser, en baisse en baisse de deux points par rapport au 7 janvier. C'est 4 points de moins qu'en janvier 2017 (77%).

Un désintérêt croissant qui se traduit par une baisse des intentions de vote. 71% des sondés sont certains d'aller voter au premier tour, contre 74% au début de mois. 




Cette baisse d'intérêt peut s'expliquer par une campagne qui peine à démarrer et qui n'aborde pas les vrais sujets de préoccupation des Français. En effet, selon cette enquête, les deux sujets qui comptent le plus pour les électeurs sont la santé et le pouvoir d'achat. Deux thèmes qui compteront "beaucoup" pour 71% d'entre eux, loin devant la sécurité (61%), l'avenir du système social (58%), les retraites (56%), la situation économique de la France (56%), l'éducation (55%) et l'emploi (54%). Des sujets pour le moment peu abordés par les candidats. 











Macron résiste, Mélenchon tire son épingle du jeu à gauche

Dans ce contexte, Emmanuel Macron fait toujours la course en tête dans les intentions de vote. Si l'élection avait lieu maintenant, le président sortant, toujours pas officiellement candidat, recueillerait 24% des intentions de vote, en baisse de un point par rapport au 7 janvier. 

BVA souligne toutefois que la comparaison stricte par rapport à cette précédente enquête n'est pas possible puisque la configuration a changé, avec le retrait d'Arnaud Montebourg et l'officialisation de la candidature de Christiane Taubira.

A la deuxième place, on retrouve toujours la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen à 18% (+1 point), qui devance désormais un peu plus la candidate des Républicains Valérie Pécresse à 16% (=). Le polémiste Eric Zemmour est toujours au pied du podium, à 12,5% des intentions de vote.

A gauche, seul l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon tire son épingle du jeu, avec 10% des intentions de vote (=), devant l'écologiste Yannick Jadot (6%, -2), l'ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira (4%), la socialiste Anne Hidalgo (3%, -0,5) et le communiste Fabien Roussel (3%, +1,5%). 

Le leader de La France insoumise est par ailleurs le candidat jugé le plus à même de rassembler à gauche (17%), devant Christiane Taubira (10%), Yannick Jadot (6%), Anne Hidalgo (5%) et Fabien Roussel (3%).




Les sympathisants de gauche convaincus par l'intérêt de la Primaire Populaire

Peut-être que le résultat de la Primaire Populaire, dont le vote a débuté jeudi, changera la donne ? Rien n'est moins sûr. Si un peu plus d'un Français sur deux (56%) juge qu'elle peut contribuer au débat et permettre de faire émerger des idées et des valeurs communes, ils sont une minorité à penser qu'elle peut permettre de créer une dynamique à gauche (47%) et à considérer qu'elle peut permettre d'aboutir à une candidature unique à gauche (44%).

Les Français ayant une sensibilité de gauche sont néanmoins plus convaincus : 77% d'entre eux pensent que cette initiative peut contribuer au débat et permettre de faire émerger des idées et des valeurs communes, 65% qu'elle peut permettre de créer une dynamique à gauche et 57%  à considérer qu'elle peut permettre d'aboutir à une candidature unique à gauche.




Christiane Taubira semble favorite de ce scrutin auquel elle a promis de se plier, à l'inverse de ses trois principaux concurrents, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo, qui ont réclamé, en vain, que leur noms soient retirés.


* Enquête réalisée sur Internet du 24 au 26 janvier 2022 auprès d'un échantillon de 1.503 personnes inscrites sur les listes électorales issues d'un échantillon de 1.658 Français âgés de 18 ans et plus. 

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