Les écologistes d'EELV contraints à des tractations internes pour leur congrès

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Julien Bayou, porte-parole d'EELV et conseiller régional d'Ile-de-France, s'exprime le 1er juin 2019 à Paris
Julien Bayou, porte-parole d'EELV et conseiller régional d'Ile-de-France, s'exprime le 1er juin 2019 à Paris
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© AFP, BERTRAND GUAY

, publié le jeudi 28 novembre 2019 à 18h50

A quelques mois d'élections municipales pour lesquelles ils nourrissent des ambitions, les écologistes d'EELV sont contraints d'ici leur congrès de samedi à d'intenses négociations internes pour désigner leur nouveau secrétaire national et son équipe.

Les responsables des quatre textes présentés ont beau avoir clamé, avant et après le vote de 3.200 militants le 16 novembre, la nécessité impérieuse de ne pas réitérer les guerres fratricides du passé pour préserver la bonne dynamique des européennes (13,5%), l'heure est aux tractations internes, traditionnellement éprouvantes dans ce parti.

Les uns et les autres aimeraient idéalement une motion dite "de synthèse" au moment du vote samedi à Saint-Denis des 400 délégués désignés 15 jours plus tôt. A priori, les porte-parole Julien Bayou et Sandra Regol, co-têtes de liste du texte arrivé largement en tête (42,9%), sont en position de force, et le premier peut espérer décrocher le poste de secrétaire national et ainsi succéder à l'eurodéputé David Cormand qui le soutient.

Mais l'ex-députée Eva Sas, qui a mené le texte soutenu par plusieurs proches du chef de file d'EELV Yannick Jadot (26,2%), le secrétaire national adjoint Alain Coulombel, qui en a porté un autre co-signé par l'ancien eurodéputé Alain Lipietz et le théoricien de l'effondrement Yves Cochet (21,6%), et le membre du bureau exécutif Philippe Stanisière (8,5%) leur ont mis la pression en se liguant pour élaborer un texte commun.

"La motion de Julien Bayou est en tête, c'est incontestable, mais elle n'a pas la majorité", souligne Alain Coulombel à l'AFP. Les autres motions ont en partage de reprocher à la direction sortante un manque de transparence et de collégialité dans les décisions.

- "Chefs de tente" -

"Ils ont décidé de se coaliser à trois pour négocier de manière plus serrée, ce qui est malheureusement assez classique en période de congrès", soupire Julien Bayou.

"C'est le moment des chefs de tente", "des petites péripéties de congrès, ce n'est pas prendre au sérieux les nouvelles responsabilités qui nous incombent" et cela "nous ramène au début des années 2000", tacle aussi David Cormand qui reste optimiste pour samedi.

"Si on veut qu'il y ait une synthèse large, il faut une synthèse entre la motion A, et les autres" qui à trois ont un poids supérieur, justifie Mounir Satouri, signataire de la motion arrivée en seconde position.

C'est la répartition équilibrée des 15 postes exécutifs - secrétaire national, adjoints, porte-parole - qui est discutée. "On est dans les temps... On a même le temps de rompre, se fâcher et faire semblant de ne pas se parler pendant 48 heures", ironise Julien Bayou.

Yannick Jadot, qui n'a soutenu aucune motion officiellement, ne fait en tout cas pas débat. Quel que soit le secrétaire national samedi, c'est bien l'ex-tête de liste des élections européennes, aujourd'hui député européen, qui demeurera le chef de file d'EELV.

Finies les tensions qui ont parfois animé le parti il y a quelques mois à l'occasion de certaines de ses prises de parole? "Les positions des uns et des autres sont en train d'évoluer", comme lorsque M. Jadot s'est récemment déclaré "pas incompatible" avec le député LFI François Ruffin, M. Alain Coulombel.

Sandra Regol parle pour sa part d'un malentendu à présent dissipé: "Parfois les mots qu'on emploie ne sont pas bien compris, (...) et dans l'hyper-attention médiatique, (Yannick Jadot) a affiné son vocabulaire".

Selon Stéphane Pocrain, assistant de David Cormand au Parlement européen et l'un des conseillers de Yannick Jadot pour les élections européennes, il n'y a plus d'opposition mortifère au sein du parti entre la manière Jadot, "une écologie fortement identifiée et claire", et la philosophie d'un David Cormand et d'un Julien Bayou pour lesquels l'écologie doit aussi servir à rassembler à gauche. Au contraire, soutient-il, l'idée fait son chemin qu'"elles correspondent à des timings, des scrutins différents".

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