Les dîners de François de Rugy à l'Assemblée épinglés par "Mediapart"

Les dîners de François de Rugy à l'Assemblée épinglés par "Mediapart"
François de Rugy le 8 février 2019 à Nantes.
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publié le mercredi 10 juillet 2019 à 11h06

L'ex-président de l'Assemblée nationale est accusé par le site d'information d'avoir multiplié, entre 2017 et 2018, des dîners de grand standing payés par des fonds publics. Le désormais ministre de la Transition écologique a assuré mercredi sur France Inter qu'il s'agissait d'"un travail de représentation".

Homards et champagne.

À l'époque où il présidait l'Assemblée nationale, entre 2017 et 2018, François de Rugy et son épouse ont multiplié les dîners privés fastueux à l'Hôtel de Lassay, l'hôtel particulier où réside le président de l'Assemblée nationale, affirme mercredi 10 juillet Mediapart




Documents, photos et témoignages à l'appui, le journal en ligne a recensé une dizaine de ces dîners, qui rassemblaient à chaque fois entre dix et trente invités, appartenant pour l'essentiel au cercle relationnel et amical de l'épouse de François de Rugy, Séverine de Rugy, journaliste au magazine Gala. Homards, champagne et grands crus issus des caves de l'Assemblée nationale, comme un Mouton-Rothschild 2004 à au moins 500 euros la bouteille, ou encore du Château Cheval-Blanc 2001 (550 euros) apparaissent sur une photo mise en ligne par Mediapart. Est aussi évoquée la soirée de Saint-Valentin 2018 du couple. C'est à chaque fois le personnel de l'Hôtel de Lassay qui était mobilisé pour l'occasion, affirme Mediapart.

Parmi les convives identifiés, le site d'information souligne notamment la présence de l'éditorialiste Jean-Michel Aphatie. "J'ai hésité à y aller parce que si le déjeuner est un espace de travail, le dîner est un espace ambigu. (...) J'ai vite compris que cela n'avait pas beaucoup de sens d'être là pour moi. Ce n'est pas un dîner de travail. Et si c'était à refaire, non, je ne le referais pas", a-t-il assuré au site d'information. 

Les explications de François de Rugy

François de Rugy a mis en avant mercredi "un travail de représentation" requis par ses fonctions de président de l'Assemblée nationale, niant toute "soirée fastueuse", selon un texte transmis à l'AFP par son cabinet. Ce travail consistant à "rencontrer, représenter aussi l'Assemblée, défendre l'Assemblée nationale auprès de gens de la société civile, c'est normal, je l'assume totalement", a-t-il également affirmé sur France Inter, dénonçant "un article pamphlétaire".

Il reconnaît "tout au plus une dizaine de dîners informels liés à l'exercice de ses fonctions avec des personnalités issues de la société civile", "le plus souvent une dizaine (deux fois une vingtaine, plusieurs fois moins de dix) (...) issues du monde économique, médiatique, culturel, scientifique, universitaire", selon son cabinet. Et son épouse "a contribué à l'organisation de ces dîners, comme elle a participé et participe toujours à de nombreuses rencontres officielles ou informelles".

"Nous n'avons rien à nous reprocher, ni elle ni moi", a insisté le ministre au micro de la station publique, expliquant que leurs invités étaient parfois connus d'elle seule, parfois de lui seul, parfois ni par l'un ni par l'autre. Il fait aussi valoir avoir "mis un peu d'ordre dans un certain nombre de budgets de l'Assemblée nationale".

Séverine de Rugy, elle, a confirmé à Mediapart que les invités appartenaient dans leur majorité à son cercle "amical", tout en estimant que c'était "du relationnel", pas du ressort du "privé".



François de Rugy avait déjà été mis en cause à l'été 2018 par un article du Parisien évoquant de supposées "curieuses dépenses", qui n'avaient rien d'illégal, dont un troisième chauffeur (pour des raisons de "sécurité" selon François de Rugy) ou un vélo elliptique.
 

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