Les députés LREM opposés à la loi asile et immigration seront-ils exclus ?

Les députés LREM opposés à la loi asile et immigration seront-ils exclus ?

Le président du groupe LREM à l'Assemblée Richard Ferrand le 14 mars 2018 à l'Assemblée nationale.

Orange avec AFP, publié le lundi 16 avril 2018 à 17h02

Alors que certains députés du parti présidentiel désapprouvent le projet de loi du ministre de l'Intérieur, le chef de file des députés La République en Marche Richard Ferrand a rappelé ses troupes à l'ordre la semaine dernière, menaçant de "casser des œufs s'il le faut". Le patron du parti Christophe Castaner a estimé de son côté que les contestataires "manqueraient de solidarité" en s'abstenant ou en votant contre.

Coup d'envoi d'une semaine de débats tendus à l'Assemblée nationale sur le projet de loi asile et immigration.

Outre l'opposition qui juge ce texte, présenté ce lundi soir 16 avril, "laxiste" ou "dangereux", le projet de loi du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb est également critiqué au sein même de la majorité.

Le projet de loi prévoit notamment de réduire à six mois les délais d'instruction de la demande d'asile, pour entamer rapidement le travail d'intégration des réfugiés, et à l'inverse de faciliter la reconduite à la frontière pour les déboutés.

HOSTILITÉ PUBLIQUE

Plus d'un millier d'amendements sont au menu jusqu'à vendredi, dont 200 des députés La République en Marche (LREM), un record, souligne l'AFP. Quelques élus de la majorité affichent par ailleurs ouvertement leur hostilité au texte. Vendredi 13 avril, le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, a posté sur Twitter un post expliquant "pourquoi (il) ne pourrai(t) pas voter pour", tout en assurant qu'il ne s'agit pas d'un début de fronde.



Il regrette le rejet d'amendements comme ceux portant sur le maintien à 45 jours pour la durée maximale de rétention, la fin de la rétention des mineurs, l'expérimentation du travail anticipé sur des territoires volontaires ou les réflexions sur l'intérêt de visas humanitaires pour certains déplacés environnementaux.

Il n'est pas le seul à s'opposer publiquement. Le député de la Vienne Jean-Michel Clément (ex-PS) a affirmé la semaine dernière à l'AFP qu'il prévoyait de voter contre ce texte à "la logique répressive".

LES MENACES DE FERRAND

Face à cette vague de protestations, Richard Ferrand, le président du groupe LREM à l'Assemblée, a haussé le ton. "Liberté dans le débat, mais unité dans le vote. Le groupe est aussi une démocratie qui vit par la majorité... Quand on n'a pas réussi à convaincre en réunion de groupe, on n'a pas réussi", a-t-il lancé la semaine dernière lors de la réunion matinale des députés, en appelant les contestataires à se rallier à la position du groupe.

L'ancien élu PS a même menacé d'exclusion ces derniers. "Si certains préfèrent devenir auto-entrepreneurs, c'est le statut de non-inscrit" à un groupe à l'Assemblée, a-t-il déclaré, se disant prêt "à casser des œufs s'il le faut". "Nous réussirons ensemble ou nous échouerons ensemble. Mais nous avancerons tous ensemble, et j'y veillerai personnellement", a conclu le député du Finistère.

CASTANER NE "PRATIQUE PAS LA CHASSE AUX SORCIÈRES

"Les lignes rouges sont fixées par le président du groupe et pas par moi, mais effectivement ils manqueraient de solidarité parce qu'une décision collective emporte le collectif", a de son côté déclaré le délégué général de LREM Christophe Castaner lundi 16 avril sur RTL



"Et en plus comme il est conforme, ce texte de loi, à la philosophie, aux engagements du président de la République, je pense qu'il ne faut pas négliger sur quelles bases ils ont été élus", a poursuivi le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement.

À la question de savoir si les députés LREM qui voteraient contre le texte seraient exclus, M. Castaner a rétorqué que "ça, c'est la décision de Richard Ferrand", le président du groupe. "Je ne pratique pas la chasse aux sorcières", a-t-il précisé. "Mais surtout je suis convaincu que celles et ceux qui aujourd'hui ont des doutes rentreront dans le bon sens."

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