"Les cons, ce sont ceux qui partent !" : l'agacement des responsables LREM face aux frondeurs

"Les cons, ce sont ceux qui partent !" : l'agacement des responsables LREM face aux frondeurs©Panoramic

, publié le mercredi 11 mars 2020 à 12h30

Les députés déçus du macronisme, qui veulent former un groupe parlementaire, en ont pris pour leur grade lors de la réunion des responsables de la majorité mardi matin à Matignon.

Avec une réforme des retraites passée aux forceps à l'Assemblée nationale, les départs du groupe LREM se sont multipliés et l'idée de constituer un groupe dissident de centre-gauche a pris forme, au grand dam des responsables de La République en marche et du MoDem.
Réunis pour un petit-déjeuner mardi matin à Matignon, ceux-ci ont exprimé leur colère après ces élus frondeurs, car ils pourraient menacer la majorité absolue de 289 députés détenue par leur alliance.

"Ils veulent nous mener à la baguette, avec des méthodes dictatoriales ! Ils imaginent qu'ils vont nous faire du chantage en nous donnant leurs consignes tous les dimanches soir, pour avoir des arbitrages le mardi matin au petit-déjeuner de la majorité !", s'est indigné Stanislas Guerini, le patron de LREM, rapporte Le Parisien.



Patrick Mignola, le chef des députés MoDem, a été encore plus virulent d'après le quotidien : "Ils pensent que les cons, ce sont ceux qui restent et qui lèvent le bras (pour voter les textes de loi, ndlr). Mais les cons, ce sont ceux qui partent ! Le jour où on parle de centre-gauche ou de centre-droit, il n'y a plus de centre.

Je ne vois pas pourquoi ils auraient un siège le mardi au petit-déjeuner, on n'a pas besoin d'eux".

Mais pour le Premier ministre Édouard Philippe et beaucoup d'élus de la majorité, la constitution d'un neuvième groupe à l'Assemblée est "inéluctable". Un certain nombre d'entre eux envisagent le pire scénario : une fusion avec le groupe Libertés et territoires, composé de 21 députés radicaux de gauche comme Olivier Falorni et Sylvia Pinel, nationalistes corses, ex-LREM comme Matthieu Orphelin ou ex-MoDem comme Jean Lassalle.

Le patron du groupe LREM, Gilles Le Gendre, a bien tenté de ramener les députés frondeurs dans le droit chemin. En vain : "Ils ne veulent rien entendre, ils ont l'air décidés". Seul espoir à ce stade : "Leur problème d'organisation", selon un député cité par Le Parisien. "Qui sera leur chef ? Quand on a un cheval, il ne faut qu'un cavalier. Or, ils sont quatre ou cinq entre Orphelin, Cesarini, Pompili ou Villani".

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