Les confidences de l'ex-chef du service d'ordre du PS

Les confidences de l'ex-chef du service d'ordre du PS
Éric Plumer (au premier plan à gauche, avec un sweet gris) lors d'une sortie de François Hollande, le 23 avril 2012, à Quimper (Finistère).

Orange avec AFP, publié le dimanche 18 mars 2018 à 11h00

À la tête du service d'ordre du PS depuis dix-sept ans, Éric Plumer a été licencié en octobre dernier. Dans les colonnes de Ouest-France, il dénonce un licenciement "digne d'une entreprise du CAC 40".

Sur son compte Facebook, il se dit "en recherche active d'emploi".

Pourtant il y a peu, Éric Plumer travaillait au quotidien avec les ténors du PS. Surnommé "Jaurès", ce sexagénaire de 1m92 et 135 kilos a été le chef du service d'ordre du PS durant 17 ans, jusqu'à son licenciement le 27 octobre dernier, a révélé en début de semaine Le Parisien.

La déroute du PS lors des dernières élections a fait passer son budget d'environ 28 millions par an en moyenne lors du précédent quinquennat à huit millions d'euros par an. Conséquences : le parti a mis en vente son siège parisien de la rue de Solférino et lancé un plan social visant à licencier 55 permanents sur 97. "Après la branlée qu'on s'est prise, je peux comprendre un licenciement. Mais il y a la manière. Là, ça a été digne d'une entreprise du CAC 40", dénonce ce militant PS, encarté depuis 1983, samedi 17 mars dans les colonnes de Ouest-France. "Je suis parti avant de lui mettre une gifle dans la tronche", dit-il en évoquant l'homme qui l'a licencié. Il a pris le train le soir même pour rentrer chez lui, près de Nantes.

"Jaurès", un géant populaire auprès des politiques

Si les propos peuvent paraître violents, François Hollande l'assure au Parisien : "Éric Plumer n'est pas seulement un géant physiquement, c'est un géant de gentillesse, de loyauté, de socialisme". Les deux hommes ont toujours été proches : l'ancien président était invité au mariage "Jaurès", tandis que ce dernier était présent aux funérailles de sa mère et invité à l'investiture à l'Élysée.

L'ancien chef de l'État n'est pas le seul à chanter les louange de l'ex-gros bras du PS. "C'est un vrai militant, aux convictions solides, le décrit Jean-Marc Ayrault. Quelqu'un qui a un très grand cœur. Et au-delà des apparences, très sensible". "Un totem", "une crème d'homme", confie également Benoît Hamon, qui lui a envoyé un petit mot en apprenant la nouvelle. La maire de Lille Martine Aubry, "très en colère", après son limogeage, a également décroché son téléphone.

17 ans de souvenirs

L'heure est désormais aux souvenirs. Dans Ouest-France, Éric Plumer se souvient notamment de la marche du 11 janvier 2015, après les attentats de Paris. C'est lui qui était était chargé de la sécurité des "rescapés" de Charlie Hebdo et des proches des victimes. Il décrit une "tension maximale. On ne savait pas ce qui pouvait se passer".

Il se rappelle également le 21 avril 2002. Selon lui, lorsque Lionel Jospin arrive au QG de campagne, vers 18h30, il ignore qu'il est éliminé dès le premier tour de la présidentielle, au profit du leader FN Jean-Marie Le Pen. "Oui, aussi curieux que ça puisse paraître, il ne savait pas. Personne n'avait osé le prévenir". "Quinze ans plus tard, il verra aussi les larmes de Benoît Hamon", écrit le quotidien régional.

S'il a voté jeudi dernier pour désigner le nouveau premier secrétaire du PS, il assure ne plus croire à l'avenir du PS.

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