Les conditions pour relancer la réforme des retraites ne sont "à ce jour toujours pas réunies", assure Jean Castex

Les conditions pour relancer la réforme des retraites ne sont "à ce jour toujours pas réunies", assure Jean Castex
Jean Castex, le 8 septembre 2021.

publié le mercredi 08 septembre 2021 à 16h00

Le Premier ministre estime que le processus de réforme des retraites, d'une "absolue nécessité", "ne pourra reprendre que lorsque la pandémie sera sous contrôle et la que la reprise économique sera suffisament solide".

Alors que l'hypothèse d'une relance de la réforme des retraites, suspendue en raison du Covid-19 avant la fin du quinquennat a resurgi ces derniers jours, Jean Castex a mis fin mercredi 8 septembre aux spéculations. S'il estime que cette réforme "est une absolue nécessité", ce n'est néanmoins pas le moment. 



"La réforme des retraites est une nécessité absolue.

D'abord pour en assurer la sauvegarde à long terme, le déficit devrait atteindre cette année 8 milliards d'euros et très vraisemblablement 11 milliards à l'horizon 2030, mais aussi pour assurer l'équité des cotisants dans le cadre d'un régime universel", a déclaré le Premier ministre à l'issue d'un séminaire gouvernemental de rentrée.

"La crise sanitaire a interrompu le processus de réforme, et comme je l'ai redit aux partenaires sociaux la semaine dernière, ce processus ne pourra reprendre que lorsque la pandémie sera sous contrôle et la que la reprise économique sera suffisamment solide. À ce jour, ces conditions ne sont toujours pas réunies", a-t-il affirmé. 

"Nous avons l'impérieux devoir de favoriser au maximum l'unité du pays", a estimé le chef du gouvernement, en allusion à l'opposition des syndicats et aux réticences sur cette réforme jusque dans les rangs de la majorité, à quelques mois de la présidentielle 2022.

La réforme de l'assurance chômage bien appliquée

En revanche, la réforme de l'assurance chômage, également suspendue en raison de la crise sanitaire, est "absolument indispensable" et sera progressivement appliquée "entre le 1er octobre et le 1er décembre, a indiqué Jean Castex. Cette réforme est l'une des réponses "aux difficultés de recrutement", en visant "à remettre de l'ordre dans un régime fondamentalement utile, mais dont les règles avaient progressivement dérivé"."J'ai également, face aux craintes exprimées par les syndicats et que vous connaissez, indiqué que nous mettrions en place un dispositif de suivi et d'évaluation", a expliqué le locataire de Matignon. 

L'entrée en vigueur de la réforme de l'assurance chômage a été plusieurs fois reportée en raison de la crise. Les nouvelles règles de calcul du montant de l'allocation chômage devaient entrer en vigueur au 1er juillet, mais le Conseil d'État les a suspendues, arguant des "incertitudes sur la situation économique".

Le gouvernement compte soumettre un nouveau décret au Conseil d'Etat dans les prochaines semaines. Il met en avant l'amélioration de la situation économique dans l'exposé des motifs, pour permettre l'entrée en vigueur au 1er octobre du nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR, base de l'allocation), très contesté par les syndicats. La date du 1er décembre devrait correspondre à l'entrée en vigueur du durcissement des règles sur la dégressivité des allocations et sur la durée d'affiliation nécessaire pour ouvrir ou recharger un droit. Celles-ci sont en effet liées au constat d'un "retour à meilleure fortune" avec des indicateurs pour mesurer une amélioration du marché de l'emploi.

Concrètement, le durcissement des conditions d'éligibilité passera de 4 à 6 mois lorsqu'il y aura à la fois une baisse d'"au moins 130.000" demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A "au cours des six derniers mois" et 2,7 millions de déclarations préalables à l'embauche de plus d'un mois sur quatre mois consécutifs. Le tout calculé à partir du mois d'avril. En fonction des mêmes critères, la durée d'indemnisation avant application de la dégressivité aux demandeurs d'emploi dont l'allocation est supérieure à environ 4.500 euros de salaire brut mensuel sera ramenée de 8 à 6 mois.
 

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