Les appels au boycott de produits français, provenant d'une "minorité radicale", "doivent cesser", estime Paris

Les appels au boycott de produits français, provenant d'une "minorité radicale", "doivent cesser", estime Paris
Le ministère des Affaires étrangères (illustration)

, publié le lundi 26 octobre 2020 à 08h35

Ces appels "dénaturent les positions défendues par la France", estime le Quai d'Orsay qui demande aux gouvernements des pays concernés de "se désolidariser de tout appel au boycott ou de toute attaque contre notre pays, (d')accompagner nos entreprises et (d')assurer la sécurité de nos compatriotes à l'étranger".

Les appels au boycott de produits français et à manifester, lancés dans le monde musulman après de récents propos du président Emmanuel Macron sur l'islam, sont "sans aucun objet et doivent cesser immédiatement, de même que toutes les attaques dirigées contre notre pays, instrumentalisées par une minorité radicale", a appelé dimanche le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.



Le ministère a déploré que "dans plusieurs pays du Moyen-Orient se sont développés au cours des derniers jours des appels au boycott de produits français, notamment agroalimentaires, ainsi que plus généralement des appels à manifester contre la France, dans des termes parfois haineux, relayés sur les réseaux sociaux". Ces appels "dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d'expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine", a estimé le ministère. 

Pour Paris, en outre, ces mouvements "instrumentalisent à des fins politiques les propos tenus" par le président Emmanuel Macron le 2 octobre, lors de la présentation d'un projet de loi sur le "séparatisme islamiste", et la semaine passée, lors de l'hommage national au professeur Samuel Paty, assassiné le 16 octobre par un islamiste russo-tchétchène de 18 ans. Pendant cet hommage, le chef de l'Etat a promis que la France continuerait de défendre les caricatures du prophète Mahomet, au nom de la liberté d'expression. Dimanche soir, le président français a diffusé plusieurs tweets, également en anglais et arabe, soulignant son rejet des "discours de haine" et qu'il continuera à défendre "le débat raisonnable". "La liberté, nous la chérissons ; l'égalité, nous la garantissons; la fraternité, nous la vivons avec intensité. Rien ne nous fera reculer, jamais", a écrit le chef de l'Etat.

Dans son communiqué, le ministère a précisé que le projet de loi et les déclarations du président visent uniquement à "lutter contre l'islamisme radical, et à le faire avec les musulmans de France, qui sont partie intégrante de la société, de l'histoire et de la République françaises". Le Quai d'Orsay dit avoir mobilisé le réseau diplomatique français "pour rappeler et expliquer (aux autres pays) les positions de la France en matière de libertés fondamentales et refus de la haine". Paris a aussi demandé aux pays concernés de "se désolidariser de tout appel au boycott ou de toute attaque contre notre pays, (d')accompagner nos entreprises et (d')assurer la sécurité de nos compatriotes à l'étranger".

Le ministre délégué au Commerce extérieur Franck Riester a indiqué dimanche soir à l'AFP être "en contact permanent avec les entreprises françaises concernées (par le boycott) dans l'agroalimentaire", citant "Bel, Lactalis, et Danone". "On aura demain des temps d'échanges un peu plus longs. On reste à observer l'évolution dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté. Interrogé sur les premières conséquences de l'appel au boycott, il a répondu : "Il y a des impacts mais les chiffrer c'est trop tôt".

De son côté, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a appelé les entreprises française à "résister au chantage". Interrogé sur la radio RMC lundi matin, le patron des patrons a estimé qu'il fallait "faire passer nos principes avant la possibilité de développer nos affaires". 
 

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