Les anti-G7 revoient leurs ambitions à la baisse face au "climat sécuritaire"

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Manifestation de militants anti-G7, le 24 août 2019 à Hendaye, dans le sud-ouest de la France
Manifestation de militants anti-G7, le 24 août 2019 à Hendaye, dans le sud-ouest de la France
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© AFP, GEORGES GOBET

AFP, publié le lundi 26 août 2019 à 08h14

L'ampleur du dispositif de sécurité déployé autour du G7 de Biarritz, dans le sud-ouest de la France, a globalement étouffé toute velléité de contestation violente mais a aussi dissuadé des opposants d'organiser dimanche des actions pacifiques en clôture de leur "contre-sommet".

Toute la semaine, la présence des quelque 13.200 policiers et gendarmes français mobilisés, appuyés par l'armée, s'est faite sentir au Pays basque, transformé en camp retranché, et à Biarritz, complètement barricadée.

Les appels ces derniers mois de groupes contestataires, notamment de "gilets jaunes", à mener des actions en marge du sommet et la crainte des "black blocs" ont amené les autorités à monter un dispositif de sécurité "exceptionnel" pour une "vigilance maximale".

Mais au lendemain d'une grande manifestation festive et bon enfant entre les villes frontalières d'Hendaye et Irun (Espagne) -la seule déclarée aux autorités - , les plateformes d'opposition nationale (Alternatives G7) et basque (G7 EZ) entendaient conclure leur "contre-sommet" par sept "rassemblements pacifiques" simultanés près de Biarritz, pour "encercler" symboliquement le G7.

Ils les ont annulées dès samedi soir, jugeant que les "conditions n'étaient pas réunies" à cause d'un "dispositif policier surdimensionné" et du "climat sécuritaire".

Ils les ont remplacées par un seul évènement à Anglet, limitrophe de Biarritz, auquel ils ont finalement renoncé dimanche matin, après l'arrestation, dans la nuit, d'un de leurs "membres clés", Joseba Alvarez.

Ce militant espagnol, interpellé à Urrugne selon les opposants, fait l'objet d'une interdiction de territoire français et devait être remis aux autorités espagnoles, a indiqué à l'AFP le procureur de la république de Bayonne, Samuel Vuelta-Simon.

"Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtés entre Bayonne et Hendaye ces derniers jours, dont certains de nos militants associatifs", a assuré dimanche Aurélie Trouvé, d'Alternatives G7. "Cet Etat policier a pour but d'effacer tout débat politique".

- "Libérez nos camarades!" -

Selon les autorités, 19 personnes ont été interpellées et 17 placées en garde à vue dimanche dans le cadre du dispositif de sécurité du G7.

Un chiffre nettement inférieur aux 68 interpellations de la veille, quand des heurts avaient eu lieu dans le centre de Bayonne entre police et manifestants, avec tirs de canons à eau et gaz lacrymogènes, mais sans débordements majeurs, ni blessés.

De source judiciaire, une trentaine de gardes à vue étaient toujours en cours dimanche soir.

La Ligue des droits de l'Homme a par ailleurs dénoncé dans un communiqué "l'arrestation abusive" de trois de ses membres assistant à ce rassemblement non déclaré en tant qu'"observatrices des pratiques policières dûment identifiées" avec des chasubles.

Amnesty international s'est plaint que deux de ses "observateurs" ont été "arrêtés pendant deux heures" dimanche par la police à Bidart, limitrophe de Biarritz. 

Vendredi à Urrugne, les premiers heurts du G7 avaient opposé des manifestants et des forces de l'ordre près du camp où résidaient une partie des participants au "contre-sommet", avec 17 interpellations à la clé.

Pour protester contre les arrestations des derniers jours, quelque 200 manifestants ont voulu aller à pied dimanche au Centre de rétention administrative d'Hendaye, réservé aux gardes à vue de personnes interpellées pendant le G7.

Criant "Libérez nos camarades !", ils ont vite été interceptés dans les petites rues d'Hendaye par les forces de l'ordre, qui les ont redirigés vers le port d'où le cortège était parti, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Un rassemblement du même ordre avait été annoncé pour la fin d'après-midi à Bayonne mais l'importante présence policière a empêché tout regroupement, a constaté une journaliste de l'AFP. La quasi-totalité des commerces du secteur sont protégés par des plaques de bois

Dimanche matin, des centaines de personnes ont toutefois pu se rassembler à Bayonne, dans ce que les organisateurs qualifient de "zone la plus sécurisée de l'Etat français", autour de quelques-uns des portraits d'Emmanuel Macron que des militants écologistes "décrochent", selon leurs propres termes, des mairies depuis février.

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