Législatives en Allemagne : "On a un intérêt français à avoir vite un gouvernement allemand fort en place", estime Clément Beaune

Législatives en Allemagne : "On a un intérêt français à avoir vite un gouvernement allemand fort en place", estime Clément Beaune
Le secrétaire d'État aux Affaires étrangères Clément Beaune, le 21 septembre 2021, à Bruxelles.

publié le lundi 27 septembre 2021 à 12h09

Dans l'attente d'un nouveau chancelier allemand, Emmanuel Macron va se retrouver en position de force au niveau européen. "Mais en Europe, si vous êtes fort tout seul cela ne sert pas à grand chose", a souligné mardi matin le secrétaire d'État aux Affaires étrangères, alors que la France prendra en janvier la présidence de l'Union européenne.

Après des élections législatives serrées de dimanche 26 septembre, l'Allemagne entre dans une période d'incertitude.

Le centre gauche du SPD avec son chef de file Olaf Scholz, vainqueur d'une courte tête, et les conservateurs de la CDU d'Angela Merkel revendiquent tous deux la direction du futur gouvernement. Dans les deux cas, ils vont devoir s'appuyer sur d'autres partis pour former une majorité, les Verts et les Libéraux apparaissant comme les futurs faiseurs de roi. Les deux camps espèrent former un gouvernement d'ici Noël, soit juste avant le début de la présidence française de l'Union européenne, au 1er janvier, pour six mois. 



Dans l'attente d'un nouveau chancelier, le président français Emmanuel Macron va se retrouver en position de force au niveau européen. "Mais en Europe, si vous êtes fort tout seul cela ne sert pas à grand chose parce que vous ne faites pas des réformes sur l'investissement, sur l'économie, sur l'énergie si vous n'avez pas de partenaires européens", a relevé lundi matin sur France 2 le secrétaire d'État aux Affaire européennes Clément Beaune. "On a un intérêt français à avoir vite un gouvernement allemand fort en place", a-t-il souligné. 

Clément Beaune a ainsi suggéré que des discussions informelles s'engagent "dès maintenant" avec les partis politiques allemands concernés "pour qu'on se connaisse" et qu'on "puisse travailler vite" une fois un gouvernement en place à Berlin. Tous sont "pro-européens engagés, assumés", s'est félicité le secrétaire d'État français. Mais ils ne sont pas forcément sur la même longueur d'onde que Paris sur les questions budgétaires ou de défense.

"Il y aura des différences, des difficultés parfois dans la discussion avec la France dans les prochains mois", a-t-il concédé. "C'est sans doute plus facile de discuter avec les sociaux-démocrates sur les questions d'investissement ou de règles budgétaires (..) et plus facile avec la CDU (chrétiens-démocrates) sur les questions de défense et de sécurité", a-t-il résumé.

Clément Beaune ne redoute néanmoins pas de "changement de ligne" politique à Berlin. "Je dirais que d'une certaine façon les Allemands ont en fait voté pour Angela Merkel", a jugé le ministre, en rappelant qu'Olaf Scholz était vice-chancelier d'Angela Merkel dans le gouvernement sortant. "(Il) a fait toute sa campagne électorale parfois même en imitant les gestes d'Angela Merkel et en se mettant dans ses pas, en disant que c'était lui la stabilité et la continuité." Il a par ailleurs estimé que les conservateurs s'étaient redressés dans les derniers jours de campagne "grâce à Angela Merkel, en expliquant aussi que l'ultime argument c'était la stabilité".

 

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