Le sénateur Yvon Collin condamné pour trafic d'influence

Le sénateur Yvon Collin condamné pour trafic d'influence

Le sénateur du groupe RDSE, Yvon Collin, en mars 2015 à Montauban (Tarn-et-Garonne).

Orange avec AFP, publié le vendredi 03 novembre 2017 à 21h50

Le sénateur du Tarn-et-Garonne Yvon Collin (ex-PRG) a été condamné ce vendredi 3 novembre à deux ans de prison, dont un avec sursis, dans une affaire de corruption remontant à 2010 et dépaysée devant le tribunal correctionnel de Lyon.

L'élu de 73 ans, qui siège dans le groupe RDSE au Sénat, était poursuivi pour "trafic d'influence passif". Il a écopé également de 50.000 euros d'amende et d'une interdiction, pendant trois ans, d'exercer une fonction publique.

Le tribunal a aussi ordonné la confiscation d'une somme de 40.000 euros que la justice reprochait au sénateur d'avoir perçue pour financer une campagne électorale en 2010. Il s'est montré plus clément cependant que le ministère public qui, à l'audience du 21 septembre, avait réclamé quatre ans de prison, dont deux avec sursis, et quatre ans d'inéligibilité.

"PAS LA MOINDRE PREUVE DANS CE DOSSIER"

Yvon Collin, absent à l'énoncé du jugement à Lyon, a indiqué à l'AFP qu'il allait "bien sûr" faire appel, estimant qu'il n'y a "pas la moindre preuve dans ce dossier". Et d'accuser une nouvelle fois son rival politique dans le département, l'ancien ministre de l'Aménagement du Territoire Jean-Michel Baylet, d'être "à la manœuvre depuis le départ".

À l'audience le 21 septembre, le procureur Fabrice Tremel avait accusé le sénateur de "malhonnêteté" et dénoncé un "enrichissement personnel", assurant que le doute n'avait "pas sa place dans ce dossier" car les investigations étaient "accablantes". Le magistrat avait rejeté "la thèse du complot et du règlement de comptes politique" avancée par Yvon Collin : "On a des accusations écrites et verbales corroborées par la réaction extrêmement suspecte" du sénateur, avait-il dit.

"UN MYTHOMANE, UN PEU PERTURBÉ"

À l'origine de l'enquête ouverte en novembre 2012, une lettre adressée à plusieurs personnes par un proche d'Yvon Collin, Jean-Pierre Gonzatti, dans laquelle il affirmait avoir remis au sénateur 40.000 euros pour financer une campagne électorale en échange d'un emploi pour son jeune neveu. Mais Yvon Collin aurait empoché l'argent sans honorer le contrat. Parmi les destinataires, un vénérable d'une loge maçonnique à laquelle appartenaient les deux prévenus avait fait un signalement au parquet de Montauban. Le dossier avait ensuite été délocalisé à Lyon.

Jean-Pierre Gonzatti a été condamné pour sa part à 12 mois de prison avec sursis pour "trafic d'influence actif". Une peine inférieure aux 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, et 5.000 euros d'amende réclamés par le parquet. Yvon Collin avait mis en doute la crédibilité de Jean-Pierre Gonzatti à l'audience, le qualifiant "un mythomane, un peu perturbé".

Devant les enquêteurs, il avait évoqué un épisode de son affrontement avec l'ancien président du conseil départemental du Tarn-et-Garonne, Jean-Michel Baylet, dont il fut proche avant de devenir son rival politique et de le battre aux sénatoriales de 2014. Évoquant "une guerre fratricide à Montauban parmi les gens du PRG", l'avocat d'Yvon Collin, Me François Saint-Pierre, avait plaidé sa relaxe.

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27 commentaires - Le sénateur Yvon Collin condamné pour trafic d'influence
  • Un "vénérable d'une loge maçonnique", cette expression m'amuse.
    Macron ne pourrait-il pas dissoudre ces organisations d'élites auto-proclammées qui font sourire !

  • Elu PRG,non pas possible!!!!

  • Comme d'habitude, on monopolise magistrats et avocats pour rien.... Le présumé coupable continuera ses activités, les plaignants seront déboutés et le contribuable paiera.
    A quoi aura servi la loi sur la moralisation des personnages politiques ? à rien non plus sauf à payer quelques personnes sur le dos du contribuable
    La boucle est bouclée

  • Ce n'est pas possible, les élus sont des gens honnêtes et "au service de la France"
    Mais j'ai "confiance dans la justice de mon pays" qui fera la lumière sur cette affaire

  • Et ce n'est pas fini! Avec tous les lobbys qui quasi "ont pignon sur rue" avec ce gouvernement, la liste va s'allonger. Vivement le canard de mercredi!

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