Le RN plonge à Fréjus dans les municipales, Macron et 2022 dans le viseur

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 Andrea Kotarac, recrue de LFI, en meeting avec le RN le 24 mai 2019 à Hénin-Beaumont
Andrea Kotarac, recrue de LFI, en meeting avec le RN le 24 mai 2019 à Hénin-Beaumont
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© AFP, Philippe HUGUEN

AFP, publié le jeudi 12 septembre 2019 à 08h09

Marine Le Pen fait sa rentrée officielle devant les militants à Fréjus (Var) ce week-end pour y lancer la bataille des municipales, en attaquant d'abord Emmanuel Macron et en déroulant ses leitmotivs contre l'immigration et l'insécurité.

Le Rassemblement national entend "poursuivre la reconquête" entamée aux élections européennes, desquelles il est sorti victorieux, et "arriver au pouvoir", a lancé dimanche, très combative, la présidente du parti dans son fief d'Hénin-Beaumont.

Le scrutin municipal, peu favorable au parti d'extrême droite, est une des "marches" à franchir pour parvenir à la première, celle de la présidentielle en 2022, répète le RN, jugé comme le parti qui incarne le mieux l'opposition à Emmanuel Macron, selon un sondage Elabe publié mercredi.

La cheffe du RN entend pour ce faire ouvrir ses listes à des personnalités extérieures au parti, comme à Paris où le RN soutiendra un énarque Serge Federbusch, ou à Carpentras (Vaucluse), où la première place revient à un général à la retraite Bertrand de la Chesnais.

Elle compte aussi sur l'effondrement des Républicains aux européennes pour convaincre élus et militants, qui semblent pourtant davantage tentés par La République en Marche.

Marine Le Pen a fustigé à cet égard les étiquettes qui "valsent" ("des LR deviennent En Marche, des En Marche deviennent LR, des socialistes deviennent En Marche") pour ériger son parti en "véritable socle de solidité, de certitudes".

- Se démarquer de Marion -

Le RN voudrait surtout s'implanter davantage, en irriguant autour de la dizaine de villes déjà conquises, dans ses bastions du Nord-Pas-de-Calais et du pourtour méditerranéen. Y compris avec des conseillers d'opposition susceptibles de se présenter aux élections départementales et régionales de 2021.

Une étude pour la fondation Jean Jaurès publiée en août voit le RN gagner davantage dans les villes entre 5.000 et 50.000 habitants où il a remporté plus de 35% des voix aux européennes. 

Le parti lepéniste aura plus de mal dans les grandes villes, où l'électorat plus riche et plus diplômé ne lui est pas favorable, et les villes très petites, où le RN n'a "pas des forces militantes suffisantes" et "la dédiabolisation est loin d'être achevée".

Contrairement à 2018, Marine Le Pen aura du mal à vanter la capacité à gouverner de ses alliés en Europe, comme la Ligue italienne et le FPÖ autrichien, qui ne sont plus au pouvoir.

La cheffe du RN aura aussi à cœur de se démarquer de sa nièce Marion Maréchal, invitée vedette d'une "convention de la droite" organisée par ses proches à Paris le 28 septembre et jugée par les Français comme la meilleure candidate du RN pour 2022, selon Elabe.

"Ils vont discuter, émettre des idées, c'est positif (...) Mais nous ne sommes pas dans la même démarche: je suis la patronne d'un mouvement politique, ce qui n'est pas le cas de Marion", a rétorqué dimanche Marine Le Pen.

- "L'anarchie migratoire tue" -

Pour sa nièce, la débâcle de LR est "une opportunité" pour "ancrer dans un avenir commun" droite et extrême droite. Mais pour Marine Le Pen, qui juge "dépassé" le clivage droite gauche, il faut rassembler tous azimuts. Sa recrue de la France insoumise, Andréa Kotarac, détaillera à Fréjus "les contradictions" de son ancien parti.

Plus attachée que sa tante aux valeurs sociétales, Marion Maréchal ira manifester le 6 octobre contre l'élargissement de la procréation médicalement assistée (PMA) alors que le RN considère que le débat doit avoir lieu à l'Assemblée, et laisse ses militants "libres" de défiler ou pas.

Tante et nièce partageront toutefois un invité, le chirurgien controversé Laurent Alexandre qui parlera à Fréjus de transhumanisme et ira aussi à la "convention" de fin septembre.

Leur point commun reste de préparer l'alternance à Emmanuel Macron, président "liberticide" pour Marion Maréchal, responsable de "dérives autoritaires", de "l'insécurité généralisée" et d'une "immigration incontrôlée", pour Marine Le Pen.

Des thèmes qu'évoqueront aussi les jeunes RN réunis à Fréjus. Leur responsable Jordan Bardella, également vice-président du parti, s'est rendu mardi à Villeurbanne, près de Lyon, où un migrant afghan est accusé d'une attaque mortelle au couteau pour dénoncer "l'anarchie migratoire (qui) blesse et tue dans notre pays".

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