Le RN contre la PMA pour "protéger les droits de l'enfant"

Le RN contre la PMA pour "protéger les droits de l'enfant"
Marine Le Pen et Nicolas Bay en avril 2017 au parlement européen

AFP, publié le lundi 24 juin 2019 à 11h40

L'eurodéputé Rassemblement national Nicolas Bay a mis en avant "la protection des droits de l'enfant" lundi pour justifier son opposition à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes, après Marine Le Pen qui veut la réserver aux couples confrontés à l'infertilité.

"Je ne crois pas" que la société soit prête pour cette évolution, "et je ne crois pas que ce soit souhaitable surtout", a-t-il dit sur France 2, critiquant le fait de "créer de toute pièce des situations où un enfant, dès le début de sa vie, n'a pas son père à ses côtés, ni connaissance de qui il est".

Évoquant les "grands choix de civilisation qui sont derrière" la PMA, il a évoqué "l'idée d'une espèce de droit à l'enfant alors que tout ce qu'on a essayé de défendre dans notre pays ces dernières décennies, c'est au contraire de protéger au maximum les droits des enfants", dont "le premier" est d'"avoir un père et une mère et se construire (...) grâce à cette altérité homme/femme".

"Dans le meilleur des cas ils auront possibilité de connaître qui est leur père au bout de nombreuses années mais ils n'auront pas un père à leur côté pour se construire", a-t-il insisté, interrogé sur la possibilité de "lever le voile sur la filiation" pour les enfants nés d'une PMA pour toutes, comme l'a souhaité dimanche la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Après le mariage pour tous, la PMA pour toutes est "la dernière étape avant la GPA" (gestation pour autrui), a aussi fait valoir M. Bay. 

"Nous sommes contre l'ouverture à tout le monde entre guillemets de la procréation médicalement assistée" car celle-ci "doit être réservée aux couples qui ont des problèmes d'infertilité", avait défendu mercredi sur BFMTV la présidente du RN Marine Le Pen.

"J'entends beaucoup parler d'envie" d'enfant, mais "ce qui m'intéresse c'est l'intérêt de l'enfant; or l'enfant a un père et une mère (...) Il faut que cette filiation soit reconnue, on ne peut pas mentir légalement à un enfant en organisant en quelque sorte dès sa conception un mensonge dont je suis convaincue qu'il le fera souffrir", avait-elle estimé.

"La vie parfois oblige à grandir avec un seul parent, ou même sans parent du tout", mais "tout ce qui contribue à dissimuler cette vérité biologique (père/mère, NDLR) qui est utile pour la construction psychologique de l'enfant, je suis contre", avait-elle conclu.

Edouard Philippe a annoncé le 12 juin lors de sa déclaration de politique générale que le projet de loi bioéthique, qui comprend l'extension de la PMA à toutes les femmes, serait examiné à l'Assemblée "dès la fin septembre".

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