Le politologue Olivier Duhamel, accusé d'inceste sur un de ses beaux-fils, annonce mettre "fin à ses fonctions"

Le politologue Olivier Duhamel, accusé d'inceste sur un de ses beaux-fils, annonce mettre "fin à ses fonctions"©STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

publié le lundi 04 janvier 2021 à 19h30

Olivier Duhamel est accusé d'inceste sur un de ses beaux-fils par Camille Kouchner, dans un livre qu'elle a écrit et qui paraîtra jeudi.

Dans "La Familia grande" (Ed. Seuil), un livre écrit par Camille Kouchner à paraître jeudi, Olivier Duhamel est accusé d'inceste sur un de ses beaux-fils.

Le politologue a annoncé ce lundi 4 janvier qu'il mettait fin à l'ensemble de ses fonctions, dont celle de président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP).


"Étant l'objet d'attaques personnelles, et désireux de préserver les institutions dans lesquelles je travaille, j'y mets fin à mes fonctions", a-t-il écrit sur Twitter. Olivier Duhamel anime par ailleurs une émission sur Europe 1 et est chroniqueur sur LCI.

"J'avais 14 ans et j'ai laissé faire"

Le Monde et L'Obs dévoilent ce lundi les bonnes feuilles de l'ouvrage de la juriste Camille Kouchner, "La Familia grande" (Ed. Seuil), dans lequel elle accuse son beau-père, Olivier Duhamel, d'avoir agressé sexuellement son frère jumeau quand il avait 14 ans. "J'avais 14 ans et j'ai laissé faire (...).  J'avais 14 ans, je savais et je n'ai rien dit", écrit Camille Kouchner, maîtresse de conférences en droit de 45 ans, selon des extraits du livre.

Elle et son frère sont les enfants de l'ex-ministre Bernard Kouchner et de la professeure de droit Evelyne Pisier, qui est morte en 2017. Cette dernière avait épousé le politologue Olivier Duhamel. Dans son livre, Camille Kouchner assure que les agressions sexuelles se sont répétées pendant des années. "Mon livre raconte à quel point beaucoup de gens étaient au courant", assure-t-elle dans un entretien à L'Obs. "Bien sûr, j'ai pensé que mon livre pouvait paraître obscène à cause de la notoriété de ma famille. Puis je me suis dit : c'est justement pour ça qu'il faut le faire", dit-elle aussi.

Une démission "pour raisons personnelles"

Sollicité par Le Monde et L'Obs, Olivier Duhamel a indiqué n'avoir "rien à dire" et n'a pas souhaité réagir à ces accusations. Il n'a pu être joint par l'AFP lundi soir. La Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), dont Olivier Duhamel était le président, a pris acte de sa démission "pour raisons personnelles", selon un message interne consulté par l'AFP.

La FNSP a la responsabilité des grandes orientations stratégiques et de la gestion administrative et financière de Sciences Po. Son directeur, Frédéric Mion s'est dit "sous le choc" à la lecture de ces révélations. Se référant au tweet publié par Olivier Duhamel, la chaîne d'information LCI a indiqué à l'AFP que le politologue ne serait plus sur son antenne. De son côté, Europe 1 n'était pas encore en mesure de faire de commentaire.

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