Le plus gros des frais de représentation de François Ruffin en 2018 sont... des maillots de foot!

Le plus gros des frais de représentation de François Ruffin en 2018 sont... des maillots de foot!
François Ruffin, le 3 décembre 2019, à l'Assemblée nationale.

, publié le mardi 24 décembre 2019 à 15h30

À la demande de L'Obs, le député de la France insoumise a détaillé ses frais de représentation. Un exercice qu'il a rechigné à faire, selon ses propres dires, car il souhaiterait que les médias s'intéressent plus aux grandes fortunes.

Comment les parlementaires utilisent leur avance de frais de mandat (AFM) de 5.373 euros par mois ? En septembre dernier, après les révélations sur le train de vie de François de Rugy lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale, L'Obs a fait parvenir un questionnaire aux 577 députés pour connaître le montant de leurs frais de représentation et de réception en 2018. Seuls 47 d'entre eux ont répondu et 39 d'entre eux ont accepté de détailler tous leurs frais, parmi lesquels François Ruffin.




À l'époque, le député de La France insoumise s'était fendue d'une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux plutôt que de répondre directement à l'hebdomadaire. Une vidéo qu'il a reposté lundi 23 décembre. 

Sur l'année 2018, l'élu de la Somme a dépensé 3.150 euros, "soit 4,89% de (s)es frais d'AFM" et sa plus grosse dépense a été effectuée... dans des maillots de foot. Il s'en amuse : "Il n'y a pas d'autre député qui a ça en principale dépense de représentation". "Pourquoi les maillots de foot? On a une équipe de football de députés qui jouait, qui joue moins et ce serait bien qu'elle reprenne du service. On a eu pour 880 euros", détaille-t-il précisant que "les maillots sont superbes".




À cela s'ajoutent aussi des fleurs "pour les cérémonies du 14 juillet ou du 11 novembre", des inscriptions à des tournois de football "parce que je joue au football", précise-t-il. Il énumère également des dépenses d'essence pour aller à une manifestation.

Le député repère ensuite 569 euros d'achats de vêtements. "Quand je suis arrivé à l'Assemblée je n'avais pas de veste, je n'avais rien, et au bout d'un an j'en ai eu marre qu'on se foute de ma gueule, donc je suis allé m'acheter une veste, une chemise et un pantalon pour avoir l'air 'normal' à l'Assemblée", confie-t-il.

"On ne met pas la lumière au bon endroit"

François Ruffin avoue qu'il n'a pas apprécié cet exercice, non pas par manque de transparence, mais parce qu'il voudrait que les médias s'intéressent plus aux grandes fortunes. "Si on veut s'intéresser à des histoires d'argent, il faut regarder les 500 plus grandes fortunes de France", explique-t-il avant d'énumérer les dépenses de l'ancien patron de Renault Carlos Ghosn lors de son anniversaire au château de Versailles ou de Guillaume Pepy, l'ancien patron de la SNCF, "pour l'inauguration de la ligne grande vitesse, six millions d'euros", poursuit-il, avant d'enchaîner sur les avions de Martin Bouygues et Serge Dassaut ou encore, selon lui, "les actions LVMH offertes par Bernard Arnaud à ses enfants".

"On ne met pas la lumière au bon endroit, la lumière elle doit être mise sur les actionnaires dans ce pays", s'insurge-t-il. "On peut dire 'C'est pas de l'argent public', je ne suis pas d'accord (...), c'est de la richesse qui est à partager."

"Je vois pas pourquoi il y a un hyperéclairage qui est mis sur mes machins à virgule.  (...) Combien il va y avoir de couvertures de L'Obs cette année sur le délire des grands patrons? Sur l'argent accaparé par les actionnaires? (...) Je trouve que c'est un arbre qui masque la véritable forêt derrière", conclut François Ruffin.

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