Le Pen se veut sereine face à la menace Zemmour, reçu par Orban

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Marine Le Pen à Metz, le 23 septembre 2021
Marine Le Pen à Metz, le 23 septembre 2021
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© AFP, JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

publié le vendredi 24 septembre 2021 à 17h40

Marine Le Pen veut garder "le calme des vieilles troupes" face à la menace Eric Zemmour, opposant son travail de "terrain" à la "lumière médiatique" posée sur le polémiste, qui a salué vendredi en Hongrie la politique de Viktor Orban, notamment à l'encontre de la communauté LGTB+.

"Je ne suis pas à la recherche de la lumière médiatique", avait déclaré jeudi la candidate à l'Elysée en marge d'un déplacement en Moselle, dans une allusion à M. Zemmour qui écume les plateaux télévisés sans cacher ses ambitions présidentielles mais sans s'être déclaré candidat.

Après une visite sur le marché d'Hayange et une rencontre avec des habitantes, Mme Le Pen a défendu son "agenda" qui consiste à aller "sur le terrain" pour proposer aux Français "des solutions" comme la "priorité nationale" au logement ou défendre le pouvoir d'achat, sur lequel le RN organise samedi une journée d'action.

"Désolée de ne pas représenter la nouveauté, moi je représente la persistance, la pugnacité, le temps long", a fait valoir la dirigeante d'extême droite.

Certes "un second tour n'est jamais joué. Mais je n'ai pas d'inquiétude, j'ai la certitude que nous allons gagner", a assuré Mme Le Pen.

- "Euphémisé" -

"L'important, c'est d'avoir les réponses, aujourd'hui (Eric Zemmour) ne les a pas", a abondé vendredi le porte-parole du RN Sébastien Chenu au lendemain d'un débat télévisé entre le polémiste et le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui a attiré 3,81 millions de télespectateurs.

Marine Le Pen a pourtant reculé depuis l'été dans les intentions de vote au premier tour de la présidentielle, à 18-20% selon les sondages, face à Eric Zemmour donné à 10-11%, qui mord surtout sur l'électorat du RN mais aussi sur celui de la droite classique. 

Pour Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique, Mme Le Pen "a tort" de ne pas s'inquiéter de M. Zemmour, qui lui prend des voix et "renvoie à la version historique du Front national, celle du père Jean-Marie Le Pen" avec un discours "en rupture avec les conventions rhétoriques". Son propos peut séduire une partie des électeurs RN, "dépossédés de thèmes qui leur sont chers" dans le message "euphémisé" de Marine Le Pen, a-t-il expliqué sur LCI.

"Je ne m'aventurerai pas à dire que le scénario du deuxième tour est joué", a également prévenu jeudi Marion Maréchal, la nièce de Marine Le Pen, qui participe à Budapest à une conférence de la droite conservatrice et identitaire ainsi que M. Zemmour.

- "Soi-disante égalité" -

L'ancienne députée FN a refusé de dire si elle soutiendrait sa tante ou l'éditorialiste, avec qui elle a déjeuné et qu'elle est allée écouter à la conférence.

Ces deux figures de l'extrême droite ont été reçues par le Premier ministre hongrois ultra-conservateur Viktor Orban chez qui Eric Zemmour a dit "admirer sa résistance à l'air du temps, aux pressions en tous genres, de la Commission, des Allemands, d'Emmanuel Macron".

A la conférence, il a dénoncé "la propagande totalitaire menée par le lobby LGBT". "Nous sommes pris en étau entre la démographie exubérante islamique (...) et ce discours déconstructeur indifférentialiste au nom de la soi-disante égalité des hommes et des femmes, au nom de la liberté des homosexuels", a-t-il ajouté, saluant chez M. Orban, le dirigeant "qui a le mieux compris ces enjeux".

Depuis son retour au pouvoir en 2010, Viktor Orban a durci la législation contre la communauté LGBT+. Dernière mesure en date: le Parlement a adopté en juin des amendements interdisant "la promotion et la représentation de l'homosexualité" auprès des moins de 18 ans.

Les relations entre M. Orban et Marine Le Pen sont plus complexes. Viktor Orban ne voulait pas s'afficher avec Marine Le Pen tant qu'il faisait partie du groupe PPE (droite) au Parlement européen --le RN fait partie du groupe ID-- mais il s'est clairement rapproché de l'extrême droite ces derniers mois. 

La candidate française a assuré qu'elle rencontrerait M. Orban "dans les semaines qui viennent", "probablement en Hongrie", rappelant avoir publié en juillet, avec une quinzaine d'alliés en Europe, dont M. Orban, une "déclaration commune" en vue d'une alliance au Parlement européen pour "réformer l'Europe".

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