Le parquet antiterroriste demande un procès contre le groupuscule d'ultradroite OAS

Le parquet antiterroriste demande un procès contre le groupuscule d'ultradroite OAS
Le procureur national antiterroriste Jean-Francois Ricard le 3 juillet 2019

publié le vendredi 09 avril 2021 à 10h59

Le parquet national antiterroriste a requis jeudi le renvoi en correctionnelle de neuf membres d'un groupuscule d'ultradroite qui se faisait appeler OAS, soupçonné d'avoir envisagé des attaques, potentiellement contre Jean-Luc Mélenchon, Christophe Castaner ou des musulmans, a appris vendredi l'AFP de source judiciaire.

La décision finale revient désormais aux juges d'instruction d'ici un mois, le chef autoproclamé du groupe, Logan Nisin, étant en détention provisoire.

Au moins quatre autres enquêtes antiterroristes liées à des projets d'action violente de l'ultradroite sont en cours depuis 2017.

Dans le cas du groupe OAS, le parquet demande que les suspects soient jugés pour "association de malfaiteurs terroriste", six devant le tribunal correctionnel et les trois autres, mineurs au moment des faits, devant le tribunal pour enfants.

Tous, sauf Logan Nisin, sont à ce jour libres sous contrôle judiciaire.

"Je n'attendais que ça", s'est réjoui auprès de l'AFP Eric Bourlion, l'avocat de Logan Nisin, tout en soulignant que son client était en détention provisoire depuis quatre ans. "A la fin on lui reproche un délit, c'est un soufflé judiciaire servi trop froid", a-t-il fustigé.

Le groupuscule avait été démantelé en octobre 2017. Logan Nisin, alors âgé de 21 ans avait été arrêté quelques mois plus tôt, le 28 juin 2017.

Originaire de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) et un temps militant en 2016 de l'organisation royaliste Action française, il avait reconnu devant les enquêteurs avoir fondé un groupuscule sous le nom d'OAS, soit le même acronyme que l'Organisation armée secrète, responsable d'une campagne sanglante contre l'indépendance de l'Algérie dans les années 1960. 

Le groupe ambitionnait d'"enclencher une re-migration basée sur la terreur".

Il était suspecté d'avoir voulu s'en prendre à l'ancien maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), Christophe Castaner, aujourd'hui président du groupe LREM à l'Assemblée nationale et ancien ministre de l'Intérieur, et au chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon. Des attaques contre des "kebabs" de Marseille ou le "chantier de la grande mosquée de Vitrolles" avaient également été évoquées.

Devant les enquêteurs, Logan Nisin avait minimisé la portée de ces menaces, affirmant que le groupe avait abandonné ces projets faute d'avoir "les capacités" de les mettre en oeuvre.

Avec l'"OAS" et une page Facebook à la gloire du terroriste d'extrême droite norvégien Anders Breivik (qui a tué 77 personnes en juillet 2011) dont il était l'administrateur, il voulait faire le "buzz" dans les milieux nationalistes et obtenir des "likes", avait-il avancé.

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