Le parfum de la primaire flotte sur les "Journées d'été écologistes"

Le parfum de la primaire flotte sur les "Journées d'été écologistes"
Le maire de Grenoble Eric Piolle, le 12 juillet 2021 à Paris

publié le jeudi 19 août 2021 à 14h03

Exhortant ses troupes à suivre "le chemin étroit de la victoire" en 2022, le chef d'EELV Julien Bayou a ouvert jeudi à Poitiers les "Journées d'été" des écologistes, temps fort avant la primaire de septembre en vue de laquelle les deux favoris Eric Piolle et Yannick Jadot s'affrontent déjà.

Confortés par des élections intermédiaires réussies, les Verts s'avancent ambitieux à la présidentielle de 2022. Mais ils doivent d'abord franchir un obstacle de taille, celui de leurs potentielles divisions internes, qui leur ont occasionné bien des déboires dans le passé.

Comme pour les conjurer, les organisateurs n'ont pas souhaité une séquence débat à ces "JDE" entre les candidats, le maire de Grenoble Eric Piolle, l'eurodéputé Yannick Jadot, l'ancienne numéro 2 d'EELV Sandrine Rousseau, la députée Delphine Batho et l'entrepreneur Jean-Marc Governatori.

Les trois jours de Poitiers ne doivent pas servir à une "confrontation", a confié Julien Bayou devant la presse, mais plutôt permettre aux militants d'avoir "les candidats à portée de main".

Et le débat, les Verts ont jugé "mieux de le confier à des professionnels", a souri leur chef, en référence aux rendez-vous audiovisuels de France Inter le 5 septembre et de LCI le 8 septembre.

Chacun des cinq candidats bénéficiera en revanche aux journées d'été d'une heure de "carte blanche" pour dérouler sa feuille de route et répondre aux questions du public. Yannick Jadot et Eric Piolle ouvrent le bal en fin de journée jeudi, avant les trois autres vendredi soir.

"Pour l'instant, je sens notre base militante très posée, il n'y a pas cette ambiance à couteaux tirés des précédentes primaires", s'est rassurée Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe d'EELV.

L'organisatrice en chef des journées d'été Marine Tondelier - par ailleurs dans l'équipe de campagne d'Eric Piolle - a de son côté proposé le concept d'"écologicité, une relation harmonieuse et solidaire entre écologistes"... qui ne va pas de soi.

- "Perdre l'habitude de perdre" -

Les cinq écuries concurrentes sont en tout cas bel et bien à l'offensive, en particulier les deux favoris Yannick Jadot et Eric Piolle, qui ont chacun dégainé de longues listes de soutien ces dernières semaines.

Dans une tribune au Parisien, jeudi matin, 1.100 signatures dont 330 élus, parmi lesquels six sénateurs, un tiers des eurodéputés EELV, des maires ou encore les anciennes têtes de liste aux régionales Claire Desmares-Poirrier, Nicolas Thierry et Jean-Laurent Félizia, ont soutenu l'eurodéputé.

"Yannick Jadot incarne l'écologie aux yeux de nombre de Français: il dispose d'une notoriété importante. C'est un acquis fondamental en vue de l'élection présidentielle, pour être entendu au-delà de l'électorat traditionnel écologiste", ont-ils écrit.

Eric Piolle a quant à lui publié en début de semaine une trentaine de mesures comme un "ISF climatique", la création de 1,5 million d'emplois verts ou encore trois milliards d'euros d'investissement supplémentaire dans le ferroviaire.

Dans son discours d'ouverture devant une partie des 3.000 personnes attendues aux "JDE", Julien Bayou a exhorté ses troupes à "perdre enfin l'habitude de perdre": pour 2022, "les écolos savent où ils vont, pour gagner". "Le chemin de la victoire est serré mais il existe, notre temps est venu", a-t-il ajouté, se disant prêt à nouer des "coalitions" à gauche une fois la primaire passée - mais seulement derrière le vainqueur de celle-ci.

"Jamais dans l'histoire de l'écologie nous n'avons eue cette occasion de gagner une présidentielle", d'où un "sentiment de responsabilité", a abondé Yannick Jadot.

Julien Bayou a aussi appelé à la mobilisation pour le vote en ligne, dont le premier tour se déroulera du 16 au 19 septembre, et le second du 25 au 28 septembre. Pour l'heure, moins de 20.000 personnes sont inscrites, alors qu'il sera important pour les écologistes de légitimer leur représentant face aux autres candidats à gauche, déjà déclaré comme l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon ou pressentie comme la maire PS de Paris Anne Hidalgo.

Eric Piolle a relativisé: "On n'est pas en train de chercher deux ou quatre millions de participants, la dynamique populaire viendra après la primaire. Moi je suis basique, je cherche à faire entrer des gens pour qu'ils votent pour moi".

De son côté, "l'éco-féministe" Sandrine Rousseau a cherché à déjouer le duel entre Yannick Jadot et Eric Piolle, une "construction médiatique". "Aucune primaire n'a confirmé les favoris. Vous verrez qu'il y aura une surprise!"

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