Le gouvernement défend Collomb qui parle de migrants faisant du "benchmarking"

Le gouvernement défend Collomb qui parle de migrants faisant du "benchmarking"
Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux le 15 mai 2018

AFP, publié le jeudi 31 mai 2018 à 10h13

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a défendu jeudi le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, critiqué pour avoir dit que les migrants font du "benchmarking" en comparant les pays européens, estimant qu'il faisait référence "aux passeurs et aux filières".

Le délégué général de La République en marche Christophe Castaner est également monté au créneau, sur LCI, jugeant qu'"il ne faut pas prendre les migrants" et les "passeurs" "pour des imbéciles" qui ne se parleraient pas entre eux pour s'orienter vers les pays où il est le moins difficile d'obtenir des papiers.

"Je n'ai pas à commenter le terme" utilisé par Gérard Collomb, a déclaré M. Griveaux sur BFMTV et RMC, tout en notant que "la première nationalité qui demande le droit d'asile aujourd'hui en France" est "l'Albanie", pays qui n'est pourtant pas en "situation de guerre" ou dont "l'Etat de droit (serait) menacé".

C'est donc "beaucoup plus des passeurs et des filières qu'il s'agissait que des personnes dans le plus grand dénuement dans les camps du sud de la Libye ou en Syrie auxquelles pensait le ministre de l'Intérieur quand il s'est exprimé hier", a-t-il estimé.

Christophe Castaner a lui aussi dénoncé des "filières organisées par des gens qui vont jusqu'à donner à des jeunes mineurs qu('il) voi(t) débarquer dans (sa) commune, à Forcalquier, avec une carte, un petit mot, un plan sur l'endroit où il faut aller".

"Donc il ne faut pas prendre les migrants pour des imbéciles, il ne faut pas prendre non plus ceux ceux qui organisent ces filières pour des imbéciles, et ce débat (autour des propos de Gérard Collomb, NDLR), c'est une évidence, c'est une évidence que les passeurs, que les migrants se parlent entre eux et qu'on sait bien qu'il ne faut pas faire un appel d'air parce que sinon, si on dit +en France il n'y a pas de souci pour avoir ses papiers+, vous verrez que le migrant viendra plutôt en France", a-t-il développé.

Le ministre de l'Intérieur a déclaré mardi en commission au Sénat que "les migrants aussi font un peu de +benchmarking+ (analyse comparative, un terme de marketing, NDLR) pour regarder les législations à travers l'Europe qui sont, on va dire, les plus fragiles, et vous voyez par exemple que telle nationalité, que là encore je ne citerai pas, elle se dirige plutôt sur tel pays non pas parce qu'elle est plus francophile mais parce qu'elle juge que là, c'est plus facile".

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