Le déconfinement du 15 décembre est-il remis en cause ?

Le déconfinement du 15 décembre est-il remis en cause ?
Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran, le 12 novembre 2020.

, publié le lundi 07 décembre 2020 à 15h46

Alors que le cap des 5.000 contaminations par jour du Covid-19, fixé par Emmanuel Macron au 15 décembre comme condition pour lever le confinement, s'avère difficile à atteindre, le Premier ministre Jean Castex a affirmé lundi aux chefs des groupes parlementaires qu'il "y aura des décisions à prendre" et qu'il serait "cohérent et constant", même s'"il sait que c'est pas très populaire". 

Avec plus de 11.000 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, selon les données de Santé publique France publiées dimanche 6 décembre, la France est loin de l'objectif de 5.000 nouveaux cas fixé par Emmanuel Macron le 24 novembre dernier pour pouvoir se déplacer librement sans attestation et retourner au théâtre, cinéma ou musée. 




Alors que certains spécialistes martèlent qu'une troisième vague de coronavirus n'est pas à exclure, notamment après les fêtes de Noël, l'exécutif est pessimiste. "On ne sera pas à l'objectif au 15 décembre", ont estimé lundi le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'une réunion avec les chefs des groupes parlementaires. 

"Le risque d'un troisième confinement"

"Ce qui a donné la tonalité de la réunion, c'est le 'plateau' des cas de Covid évoqué par Jean Castex", a rapporté à l'AFP le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde. Selon lui, le Premier ministre a dit qu'il y "aura des décisions à prendre" et qu'il serait "cohérent et constant", même s'"il sait que c'est pas très populaire". 

Selon l'élu centriste, Olivier Véran a évoqué, lui, une "décélération du recul". "On ne sera pas à l'objectif au 15 (décembre), d'où des doutes sur les nouvelles mesures", a-t-il ajouté. Selon le député, "Olivier Véran a évoqué le risque d'un troisième confinement".

Autre participant à cette réunion dans le cadre du Comité de contrôle et de liaison Covid-19, Bertrand Pancher (Libertés et territoires) a senti les membres du gouvernement "inquiets". 

Pourquoi les chiffres stagnent ?

Après avoir atteint un pic à plus de 50.000, voir 60.000 certains jours fin octobre, le nombre de cas positifs par jour a certes diminué avec régularité, jusqu'à atteindre 10 à 11.000 cas par jour en moyenne fin novembre. Mais la semaine dernière, la baisse des cas comptabilisés a marqué le pas, en se maintenant autour des 10.000 par jour, selon les données de Santé publique France. Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, doit faire un point sur la situation à 18h.

Pour Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l'université de Montpellier, il est trop tôt pour dire qu'on doit cette stabilisation à la réouverture des commerces, le 28 novembre. "Neuf jours après, c'est très difficile de voir une conséquence sur les entrées à l'hôpital que nous considérons toujours comme les plus fiables", explique-t-il à l'AFP. Dimanche, 26.262 patients Covid-19 étaient hospitalisés dans toute la France, un chiffre qui baisse un peu moins vite depuis quelques jours.

Ce qui est sûr, selon Mircea Sofonea, c'est que le seuil des 5.000 nouveaux cas par jour "ne sera pas atteint le 15 décembre". Même si "ce n'est pas un chiffre magique", "c'est le seuil où il est possible de maîtriser l'épidémie : les ARS (agences régionales de santé), les caisses d'assurance maladie ne sont pas débordées pour tracer les cas contacts, les clusters ne sont pas trop nombreux, on peut remonter les chaînes de contamination", précise l'épidémiologiste.

Un déconfinement mais des restrictions locales ?

Malgré cette stagnation, Mircea Sofonea a néanmoins du mal à croire à un revirement total sur le déconfinement, "sauf si un vrai rebond se dessine". "Le gouvernement a pris tellement d'engagements au niveau des fêtes, il y a un plan qui a été bien établi pour laisser les Français se réunir en famille", argumente-t-il. "Mais ça peut jouer sur des restrictions après, avec éventuellement des restrictions locales", selon l'épidémiologiste.

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