"Le coronavirus ne connaît pas les frontières" : Emmanuel Macron répond à Marine Le Pen

"Le coronavirus ne connaît pas les frontières" : Emmanuel Macron répond à Marine Le Pen
Emmanuel Macron, le 27 février 2020 à Naples.

, publié le vendredi 28 février 2020 à 08h12

Alors que l'épidémie de coronavirus se propage en Europe et en France, certains responsables, dont la présidente du Rassemblement national, appellent à renforcer les contrôles aux frontières. 

Le bilan du coronavirus s'accélère en France, avec un total de 38 cas confirmés annoncé jeudi soir contre 18 la veille. Ce chiffre pourrait "évoluer" dans les prochaines heures, avertit le ministère de la Santé Olivier Véran.

Douze nouveaux cas liés entre eux dans l'Oise, un regroupement de quatre cas en Haute-Savoie... La France se rapproche d'une situation "à l'italienne" avec des chaînes de transmission du nouveau virus sur son territoire, même si "très peu de cas restent sans explication", ont insisté les autorités sanitaires.

Le nombre de cas de patients contaminés en Italie a en effet explosé ces derniers jours en Italie, poussant certains responsables politiques en France à réclamer des contrôles aux frontières. "La frontière en réalité est un élément de protection des population, quelle que soit la situation", a notamment argué mardi 25 février la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, en dénonçant "l'incohérence totale du gouvernement", qui ont mis des Français revenant de Chine en quarantaine, mais pas ceux revenant d'Italie. Des propos répétés jeudi à la sortie d'une réunion d'urgence à Matignon.




"Elle est comme toujours dans l'instrumentalisation de la peur", a répliqué le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal jeudi matin.

"N'en déplaise à certains, le virus ne connaît pas ces limites administratives" que sont les frontières, a de son côté ironisé Emmanuel Macron, jeudi soir en marge du 35e sommet franco-italien à Naples. Aux côtés du Premier ministre italien Giuseppe Conte, le chef de l'État a estimé qu'il fallait gérer cette crise avec "sang froid", en "gardant son calme" et en prenant les décisions "à la lumière de ce que les scientifiques et les médecins nous disent". "Loin de toute polémique", a insiste M. Macron.

"L'Europe a montré qu'elle était mobilisée, elle doit continuer à l'être", a-t-il affirmé. Car la lutte contre l'épidémie "ne pourra se régler qu'en parfaite coopération européenne et internationale", a-t-il ajouté en rappelant que les ministres de la Santé européens s'étaient réunis la veille à Rome. "Notre responsabilité nous impose de travailler ensemble", a renchéri Giuseppe Conte, en soulignant que "cette urgence sanitaire affectera à terme des pays qui ne sont pas touchés actuellement".

Avant le sommet, Giuseppe Conte et Emmanuel Macron ont déambulé, comme si de rien n'était, dans le centre historique de Naples sous un beau soleil de printemps. Aucun masque de protection dans leur entourage, pas plus que chez les habitants et les touristes croisés dans les rues.

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