Le combat des «modernes» contre les «anciens», chez Les Républicains

Le combat des «modernes» contre les «anciens», chez Les Républicains
Brice Hortefeux et Nadine Morano, ici en novembre 2014 au Parlement européen, sont, comme l'ancienne garde rapprochée de Nicolas Sarkozy, dans le viseur de la nouvelle génération des Républicains.
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leparisien.fr, publié le lundi 23 avril 2018 à 06h26

Alors que l'élection, en juin dernier, des députés LREM a considérablement renouvelé le paysage politique, ils sont une poignée chez LR à vouloir rajeunir l'image de leur propre famille politique.

Comme un air de rébellion ? Une petite musique contestataire qui monte en tout cas chez Les Républicains. Et qui vient de jeunes élus agacés de voir toujours la vieille garde occuper le devant de la scène ! Particulièrement visés : les eurodéputés - et anciens ministres - Nadine Morano, Rachida Dati et Brice Hortefeux. « Ceux-là mêmes qui ramènent la droite dix ans en arrière, l'époque des années Sarkozy. Alors que cette page a été tournée, et de manière assez brutale », charge un député élu en 2017, alors que Laurent Wauquiez pourrait bien donner au trio Dati-Morano-Hortefeux une nouvelle investiture pour les prochaines élections européennes.

Mardi dernier, lors d'un déjeuner organisé avec des députés LR, Christian Jacob, leur chef de file à l'Assemblée, a lui-même dû écouter la revendication du moment. « Franchement, c'est toujours les mêmes que l'on voit dans les médias », a relevé un participant. « Morano est caricaturale. Pourquoi Laurent Wauquiez s'affiche-t-il encore avec elle ? », a repris un autre. Autour de la table, une dizaine de parlementaires, parmi lesquels Aurélien Pradié (Lot), Virginie Duby-Muller (Haute-Savoie), Pierre-Henri Dumont (Pas-de-Calais), Ian Boucard (Territoire de Belfort), Josiane Corneloup (Saône-et-Loire) ou encore Raphaël Schellenberger (Haut-Rhin).

« Dati ou Morano nous font perdre des points dans l'opinion »

Une fronde qui fait écho au dîner organisé fin février dans un restaurant du VIIIème arrondissement, et en présence de Laurent Wauquiez lui-même. A l'initiative du maire de Châteauroux Gilles Averous, une quinzaine de maires et de députés issus de la nouvelle génération avait déjà alerté le président des Républicains sur le sujet. « La question n'est pas celle de la ligne, mais des personnes qui la portent. A chaque fois que je vois Dati ou Morano parler à la télé, on perd des points dans l'opinion », s'est emporté l'un d'eux.

« Mais il vaut mieux les avoir à l'intérieur qu'à l'extérieur », s'est contenté de répondre Wauquiez, conscient du pouvoir de nuisance médiatique que détiendraient notamment Rachida Dati et Nadine Morano si elles étaient mises à l'écart. « Quant à Brice, c'est le plus vieil ami de Sarko. S'attaquer à lui reviendrait à insulter la base du parti qui est restée très sarkozyste », décrypte un stratège LR.

Le casse-tête des Européennes

« Notre enjeu n'est pas de chercher à exister pour exister. Mais quand on voit les nouveaux visages mis en avant par En marche et la France insoumise, on passe vraiment pour des ringards, explique l'un des jeunes impétrants. Le PS a déjà disparu. Il ne faudrait pas qu'il nous arrive la même chose... ».

« Tout cela est ridicule. Rachida a été ministre de la Justice et dispose d'une expérience sur beaucoup de sujets. Qu'elle soit invitée souvent dans les médias, notamment en plein contexte d'actualité terroriste, c'est normal », défend l'entourage de la maire du VIIème. « Avant de se prendre pour les maîtres du monde, qu'ils essaient déjà d'être réélus la prochaine fois ! », s'étrangle de son côté Nadine Morano qui invite aussi « au respect des aînés. »

Quant à la question des Européennes, le sujet hante déjà tous les esprits : « Les sortants, ça va être l'enfer à gérer », s'inquiète un cadre du parti, qui relève que « ce n'est pas pour rien si Morano s'est mise à la commission d'investiture ». Wauquiez, lui, préfère, pour le moment, ne froisser personne : « On voit d'abord le projet. Les personnes, on verra ça plus tard », évacue-t-il.

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