"Le chômage va atteindre des niveaux jamais connus", prévient François Hollande

"Le chômage va atteindre des niveaux jamais connus", prévient François Hollande
L'ancien président de la République François Hollande dans son bureau à Paris, le 6 février 2020.

, publié le lundi 25 mai 2020 à 12h01

Si l'ancien président estime que les mesures prises par le gouvernement pour faire face à la crise provoquée par le coronavirus "ont été les bonnes", il redoute qu'il y ait "plus d'un million de chômeurs de plus d'ici la fin de l'année".

Les décisions prises par le gouvernement pour lutter contre la crise économique provoquée par l'épidémie de coronavirus "ont été bonnes, avec 10 millions de personnes en chômage partiel, les exonérations de charges sociales, les prêts garantis", a déclaré l'ancien président de la République François Hollande lundi 25 mai sur France Inter. Mais "c'est maintenant que la crise va surgir sous nos yeux, et le chômage va atteindre des niveaux jamais connus", a averti l'ancien chef de l'Etat, qui avait fait de "l'inversion de la courbe du chômage" l'une des priorités de son quinquennat.



"D'ici la fin de l'année, on peut penser qu'il y aura plus d'un million de chômeurs de plus, entre les licenciement qui vont se produire, les ruptures de CDD, d'intérims, les faillites ou dépôts de bilans de commerçants...", a-t-il expliqué. François Hollande s'est également inquiété du sort des jeunes qui arrivent sur le marché du travail. L'ancien président propose donc un plan pour "prévenir les licenciements" : "Il faut (...) proposer un contrat aux entreprises qui permette la transition, qui fasse que le salarié reste lié à l'entreprise même si son activité est partielle, et qu'il puisse suivre une formation pour apprendre d'autres métiers." François Hollande a également plaidé pour une "prime à l'embauche des jeunes", la mise à disposition "de fonds propres" pour les entreprises, le rétablissement de l'ISF et d'une taxation accrue du capital.



L'ancien chef de l'Etat a également proposé la création d'un "chèque déconfinement pour 10 millions de personnes, de 300 à 700 euros pour les plus modestes". "C'est au mois de juillet, c'est tout de suite" qu'il faut agir, "si on attend, on paiera plus cher", a-t-il prévenu, estimant qu'"il faut accepter pendant un moment limité la dette, avoir le soutien de l'Europe". 

"Il faut une reprise de la consommation", car "ceux qui militent pour la décroissance, vous allez comprendre ce que c'est" avec la crise, a-t-il ironisé. "Ca ne veut pas dire qu'il faut faire n'importe quelle croissance, mais il faut de l'activité, que les industries de la vie puissent être soutenues directement par les investissements publics", a insisté François Hollande.

Il a de même tancé les partisans d'un retour à la souveraineté nationale à gauche tels son ancien ministre Arnaud Montebourg et le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon : "S'agit-il de dire qu'il faut nous couper du monde ? La crise prouve que nous sommes liés les uns aux autres."
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.