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LCP : polémique sur la proximité du nouveau patron de la chaîne parlementaire avec Macron

LCP : polémique sur la proximité du nouveau patron de la chaîne parlementaire avec Macron
Le président de l'Assemblée nationale François de Rugy a défendu la nomination de Bertrand Delais à la tête de LCP (le 26 septembre 2017).

Orange avec AFP, publié le jeudi 15 mars 2018 à 12h29

La nomination de Bertrand Delais, présenté comme un proche du chef de l'État, à la tête de LCP a été vivement critiquée par une partie de la gauche. "Il était le mieux noté par des gens de gauche, de droite, des pro-Macron, des anti-Macron", a rétorqué jeudi matin le président de l'Assemblée nationale François de Rugy.

Depuis l'annonce de la nomination de Bertrand Delais à la tête de la chaîne parlementaire LCP-AN, les critiques fusent.

Élu par le Bureau de l'Assemblée nationale pour un mandat de trois ans avec 13 voix pour, 7 contre, sur proposition du président de l'Assemblée (LREM) François de Rugy, le documentariste est l'auteur de deux portraits du président Emmanuel Macron, dont En Marche vers l'Élysée diffusé sur France 2.

Depuis cette nomination, les réactions se sont multipliées. Un député de l'opposition a confié à l'AFP que le débat avait été "très tendu". "Toutes les oppositions ont voté contre (Delais, NDLR) et la macronie a fait bloc", a protesté l'Insoumise Clémentine Autain, qui a pris part au vote. "Ce choix est scandaleux. Il confirme le mépris de la macronie pour le pluralisme". "La nomination d'un hagiographe de Macron à la tête de LCP en dit long sur ce pouvoir qui méthodiquement cherche à neutraliser tous les contre-pouvoirs", a twitté Olivier Faure, le patron des députés PS.



La présidente du FN Marine Le Pen a souligné sur le même réseau social qu'il y avait "un vrai problème avec les médias et le traitement de l'information dans notre pays". Citant plusieurs tweets de Bertrand Delais où il qualifie la France de "crispée et raciste", la présidente du FN a accusé le journaliste d'être "un macroniste béat et un militant anti-FN".



"La manière dont s'est déroulée cette nomination ne présage rien de bon. C'est même un doux parfum d'ORTF...", a déploré le syndicat FO Médias. "Le choix pour la présidence de LCP pour complaire au prince est toujours une menace", a twitté Marie-Pierre de la Gontrie, sénatrice PS.

Delais a eu "les meilleures notes", selon LREM

Face à ces accusations, les ténors de la majorité sont montés au créneau. "Quand il présente son projet stratégique et qu'il le fait sur un document écrit anonyme, il a les meilleures notes de tous les candidats", a expliqué jeudi matin 15 mars sur Franceinfo le délégué général de La République en Marche (LREM) Christophe Castaner. C'est ça l'essentiel, plutôt que le délit de faciès qui fait que certains, quand ils le voient, à ce moment-là lui mettent de mauvaises notes et dénoncent, in fine, le choix qu'ils avaient fait sur le projet stratégique par écrit", a ajouté le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement.

Assurant en outre n'avoir "jamais vu" Bertrand Delais pendant la campagne agir "comme militant", il a appelé à "ne pas faire de mauvais procès". "On n'est pas forcément de qualité parce qu'on est critique négatif contre le président de la République, et l'inverse est vrai aussi", a-t-il fait valoir.

Sur RMC et BFMTV, le président de l'Assemblée nationale François de Rugy a lui aussi souligné que le projet écrit et anonyme de Bertrand Delais avait été "noté comme le meilleur" des onze candidats, et qu'il a ensuite obtenu "la meilleure moyenne" face aux deux autres derniers candidats restants, la PDG sortante Marie-Eve Malouines et l'ancien journaliste d'Europe 1 et LCP Thierry Guerrier.

"Il était le mieux noté par des gens de gauche, de droite, des pro-Macron, des anti-Macron. Ensuite il y a eu un oral avec 5 candidats et sur les trois (finalistes) il a obtenu la meilleure moyenne. Moi je n'avais pas d'a priori", a-t-il insisté.



"J'ai gagné à la régulière", s'est de son côté défendu Bertrand Delais dans un entretien mercredi à Télérama. "Tout au long de la procédure de nomination, j'ai fait la course en tête (...) Même des gens qu'on ne peut pas soupçonner d'être macronistes m'ont donné des bonnes notes".

Son projet pour LCP, qui partage le canal 13 de la TNT avec Public Sénat, est de "réaffirmer" le "prisme particulier" de la chaîne, qui "se noyait face aux autres chaînes d'information", a-t-il expliqué. "J'ai envie de réhabiliter le travail parlementaire", pour faire face à la "défiance croissante des citoyens pour leur représentants", a-t-il souligné. Il prendra son poste le 8 juin.

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