Larcher dénonce "l'impuissance de l'Etat régalien", Pécresse veut plus de sanctions

Larcher dénonce "l'impuissance de l'Etat régalien", Pécresse veut plus de sanctions
Gérard Larcher le 2 juillet 2020 à l'Elysée

, publié le vendredi 28 août 2020 à 20h07

Le président du Sénat Gérard Larcher a dénoncé vendredi "l'impuissance de l'Etat régalien", la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse jugeant que la sanction était "l'angle mort" d'Emmanuel Macron.  

"Après un été où on a donné le sentiment que l'Etat de droit était en recul", "il y a urgence à ce que l'État cesse de donner le sentiment de l'impuissance", a estimé sur LCI M. Larcher, qui aura un entretien téléphonique mardi avec le Premier ministre Jean Castex sur ce sujet.

"J'attends que sur ces sujets, on arrête uniquement d'avoir des mots, des incantations, et que l'ordre et l'État de droit soient assurés", a ajouté le président du Sénat.

La droite monte au créneau depuis plusieurs jours sur l'insécurité, devenue selon elle le "trou noir" du quinquennat d'Emmanuel Macron, plaçant ainsi le curseur sur un sujet régalien qu'elle veut mettre au coeur de la présidentielle de 2022.

"Il faut que nous ayons un débat sur la doctrine de l'emploi des forces de l'ordre", a notamment réclamé M. Larcher. "Est-ce qu'on continue à penser qu'il vaut mieux piller des magasins, casser des vitrines que d'assurer le respect de la sécurité ?", a-t-il demandé.

"On a beaucoup parlé de violences policières. Est-ce qu'on ne pourrait pas parler aussi des violences qui atteignent l'Etat de droit ?", a-t-il ajouté.

Plusieurs faits divers violents ont émaillé l'actualité estivale, depuis l'agression mortelle en juillet d'un chauffeur de bus à Bayonne jusqu'aux tensions sur les Champs-Elysées en août après les matches du PSG, en passant par des agressions de maires et la diffusion de vidéos mettant en scène des dealers armés à Grenoble.

"Face à ces nouveaux barbares, la peur doit changer de camp", estime Valérie Pécresse dans un entretien au Figaro mis en ligne vendredi soir.

Pour l'ex-LR, qui fait sa rentrée avec son mouvement Libres! samedi dans l'Essonne et est citée comme possible candidate de la droite à la présidentielle, "l'angle mort, l'impensé de la politique d'Emmanuel Macron, c'est la sanction". Il est "temps d'en finir avec ces lois votées mais jamais exécutées", dit-elle. 

Sur le plan régalien, elle considère qu'Emmanuel Macron "sous-estime la gravité de la situation et les risques de confrontation". Elle réclame "des centres différenciés pour les primo-condamnés et des centres de détention séparés pour les mineurs".

Elle propose de "confisquer" les motos des rodéos sauvages, de "généraliser les retenues sur salaires et prestations sociales" en cas d'amendes impayées, ou d'interdire les transports aux multirécidivistes.

Valérie Pécresse, qui sera présente aussi à la rentrée de son ancien parti Les Républicains au Port-Marly (Yvelines) les 4 et 5 septembre, affirme que sa "relation avec LR est apaisée" mais qu'elle veut garder sa "liberté de parole".

Sur 2022, elle déclare que l'Île-de-France est son "laboratoire". "Le temps des campagnes viendra. Ce jour-là, je serai prête".

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