Larcher défend une prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'à fin avril

Larcher défend une prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'à fin avril
Le président du Sénat Gérard Larcher, le 1er octobre 2020, au Sénat à Paris

, publié le jeudi 21 janvier 2021 à 10h40

Le Sénat, à majorité de droite, devrait se prononcer pour ramener la prolongation de l'état d'urgence sanitaire à fin avril, et non début juin comme voté mercredi par l'Assemblée nationale, a estimé jeudi le président (LR) de la chambre haute Gérard Larcher.

Plaidant sur franceinfo pour un "contrôle du parlement", il a fait valoir qu'une loi d'urgence constitue une prérogative "exorbitante": "nous réduisons les libertés; par exemple aujourd'hui la liberté culturelle n'existe pas, la liberté de se déplacer dans un certain nombre de conditions a pu être restreinte", a-t-il relevé.

"Donc je pense qu'au Sénat l'idée d'aller jusqu'au 1er juin sera sans doute ramenée aux deux mois et demi habituels pour qu'à chaque fois le gouvernement revienne devant le parlement et qu'à chaque fois nous discutions de l'opportunité de l'urgence", a-t-il expliqué.

"La fin avril et les deux mois et demi de rythme nous semblent importants", a-t-il insisté.

Le texte prolongeant l'état d'urgence sanitaire, auquel l'Assemblée a donné mercredi son feu vert malgré l'opposition de la gauche et de la droite, sera au menu du Sénat en première lecture mercredi, en vue d'une adoption définitive avant le 16 février, date actuelle de fin d'application de la mesure.

Interrogé par ailleurs sur le risque de voir les élections régionales et départementales, déjà repoussées de mars à juin en raison de la crise sanitaire, être repoussées une seconde fois à après la présidentielle de 2022, M. Larcher a considéré que cela poserait "des problèmes constitutionnels majeurs": "il faudra que le Conseil constitutionnel donne son sentiment car le report d'une année et demi d'une élection départementale serait une grande première".

S'il faudra "examiner la proportionnalité entre santé de nos concitoyens et l'exercice de la démocratie", et si la Constitution ne pouvait certes pas prévoir la crise du Covid, elle prévoit néanmoins "dans les principes fondamentaux du préambule la démocratie, et la démocratie c'est un principe sur lequel on ne doit pas transiger", a argué le président du Sénat.

Il a précisé que les sénateurs soutiendront la tenue du scrutin les 13 et 20 juin, en notant que le Portugal va organiser fin janvier son élection présidentielle et certains Länder allemands des élections régionales.

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