Langues régionales : des manifestations prévues samedi pour défendre l'enseignement immersif

Langues régionales : des manifestations prévues samedi pour défendre l'enseignement immersif
Ecole bilingue Diwan à Brest (illustration).
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publié le vendredi 28 mai 2021 à 15h25

Cet enseignement, "pratiqué depuis 40 ans", a été censuré par le Conseil constitutionnel. Emmanuel Macron a assuré cette semaine que "rien ne saurait entraver" l'enseignement immersif en langues régionales et a "demandé au gouvernement et au Parlement de trouver les moyens de garantir leur transmission".

"L'aberration de 2021 est arrivée : les langues régionales de France deviennent anticonstitutionnelles".

Alors de la Bretagne à l'Occitanie en passant par le Pays Basque, plusieurs manifestations sont prévues samedi 29 mai pour protester contre la décision controversée du Conseil constitutionnel.

Votée dans le cadre d'une proposition de loi à l'Assemblée, cette décision censure l'"enseignement immersif", c'est-à-dire un enseignement effectué pour une grande partie du temps scolaire dans une langue autre qu'en français, en langues régionales. "Notre France n'est toujours pas réconciliée avec ses racines et sa diversité interne", a déploré Jordi Vera, coordinateur du mouvement politique "Oui au pays catalan".



A Perpignan (Pyrénées-Orientales), Albi (Tarn), Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) et Guingamp (Côtes-d'Armor) notamment, les réseaux d'écoles immersives ont appelé à manifester massivement, malgré le soutien exprimé par le président de la République et le Premier ministre après la décision des Sages.

L'immersion, "c'est ce qu'on fait depuis 40 ans, on sait que ça fonctionne", a souligné auprès de l'AFP Grégoire Mazo, directeur du réseau Diwan (48 écoles primaires et sept collèges ou lycées) qui propose un enseignement bilingue breton-français. "On aurait besoin d'une révision de la Constitution qui intègre clairement les langues régionales pour sécuriser notre avenir", insiste-t-il.

Au Pays Basque, où près de 70 écoles sont concernées par l'enseignement immersif, la colère est aussi perceptible. "On fait face à un recul de plusieurs décennies sur une décision totalement arbitraire", s'agace Peio Jorajuria, président de la fédération des écoles associatives immersives Seaska. "C'est un appauvrissement terrible d'un point de vue pédagogique pour les 12.000 élèves concernés par l'apprentissage du catalan", abonde Jordi Vera, qui parle d'un "choc incroyable pour notre génération à qui on interdisait de parler notre langue dans la cour de récréation".

Le 21 mai, le Conseil constitutionnel a retoqué partiellement la proposition de loi du député Paul Molac en faveur des langues régionales, votée le 8 avril à l'Assemblée, en censurant la méthode immersive à l'école ainsi que l'utilisation de signes diacritiques comme le tilde (~) dans les actes de l'état civil. "On ne demande pas la lune. On demande juste de pouvoir écrire le prénom de nos enfants dans une orthographe correcte et on nous le refuse", s'insurge Grégoire Mazo.

Emmanuel Macron a assuré mercredi sur Facebook que "rien ne saurait entraver" l'enseignement immersif en langues régionales et "demandé au gouvernement et au Parlement de trouver les moyens de garantir leur transmission". Le Premier ministre Jean Castex, lui-même locuteur en Catalan, a quant à lui annoncé mardi qu'il missionnait deux députés sur ce sujet.

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