Laïcité : Najat Vallaud-Belkacem reproche au gouvernement de vouloir en faire "un champ de bataille"

Laïcité : Najat Vallaud-Belkacem reproche au gouvernement de vouloir en faire "un champ de bataille"
Najat Vallaud-Belkacem est candidat PS de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

publié le mardi 20 avril 2021 à 10h19

L'ancienne ministre de l'Education a critiqué l'organisation des états généraux de la laïcité" alors que la loi sur le séparatisme vient d'être votée. 

Le gouvernement installe mardi 20 avril et jusqu'à l'été des "états généraux de la laïcité avec pour objectifs de toucher la jeunesse et d'avoir un débat apaisé sur ce sujet sensible, mais à peine annoncés, ils ont déjà été largement critiqués comme un coup médiatique. Najat Vallaud-Belkacem, candidate PS à la présidence de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a dit sa surprise quant à l'organisation de ces états généraux alors que "la loi sur le séparatisme qui vient d'être adoptée est encore dans les tuyaux".




"La laïcité est un pilier de notre nation, de notre république, le ciment de notre concorde, de notre paix civile et il faut éviter d'en faire un champ de bataille. Or ce que je constate dans ce gouvernement, ce sont des velléités permanentes d'en faire un champ de bataille", a déclaré l'ancienne ministre de l'Education de François Hollande. "On a tous les textes dont on a besoin. (...) Ce dont on a besoin aujourd'hui, c'est de faire la pédagogie de cette laïcité, notamment auprès des plus jeunes"., a-t-elle poursuivi. 

La candidate aux régionales a reproché au gouvernement d'instrumentaliser la laïcité, comme "l'extrême-droite puis la droite" avant lui. "'À force de la voir dévoyée par des instrumentalisations permanentes, à chaque fois qu'ils allumaient leur poste de télévision, beaucoup (de jeunes) finissaient par la considérer comme une ennemie de ce qu'ils étaient", a-t-elle déclaré sur France Inter. 

"On ne fait un débat après une loi"

Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, lance ce mardi matin ces états généraux par une "conférence de haut-niveau" au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) à Paris, à laquelle participent notamment l'essayiste Caroline Fourest et les philosophes Henri Pena Ruiz et Gaspard Koenig. 




"On ne fait pas un débat après une loi", a critiqué lundi sur Franceinfo l'eurodéputé EELV Yannick Jadot, en référence au projet de loi luttant contre le "séparatisme" adopté en première lecture la semaine dernière par le Sénat et voulu comme un marqueur du quinquennat Macron.  

Jusqu'à l'été, vont se tenir "des tables rondes et des groupes de travail sur la liberté d'expression, la recherche, la jeunesse, l'intégration citoyenne", avait indiqué la ministre déléguée Schiappa dans Le Journal du dimanche.  

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