Laïcité : la vieille guerre entre catholiques et anticléricaux

Laïcité : la vieille guerre entre catholiques et anticléricaux

En déclarant vouloir «réparer le lien» entre l'Église et l'État lundi 9 avril, Emmanuel Macron s'est fait reprendre sur la laïcité.

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leparisien.fr, publié le dimanche 15 avril 2018 à 11h44

Chronologie d'un conflit qui a duré près de trente ans, avant que la loi de 1905 y mette un terme.

C'était un discours attendu... et, au vu des réactions passionnées qu'il a suscitées, qui fera date. Lundi 9 avril, en s'adressant à la Conférence des évêques de France, Emmanuel Macron a déclaré vouloir « réparer » le lien entre l'Église et l'État qui « s'est abîmé », appelant les catholiques à « ne pas rester au seuil » de l'engagement politique. Si les responsables catholiques ont salué cette main tendue, la gauche a dénoncé une atteinte « intolérable » à la laïcité et au texte de 1905. Une loi équilibrée, qui avait permis d'apaiser peu à peu une vieille guerre entre catholiques et anticléricaux.

1869 : le député de Paris et étoile montante chez les républicains, Léon Gambetta, réclame la séparation des Églises et de l'État.

1877 : victoire dans les urnes du camp républicain sur les monarchistes. La guerre des « deux France » commence deux ans plus tard avec un décret qui bannit les jésuites de l'enseignement.

1881 : laïcisation des hôpitaux. Les crucifix sont retirés des tribunaux.

1882 : loi Ferry sur la laïcité des programmes scolaires à l'école, devenue gratuite et obligatoire. Suivie en 1886 de la laïcisation du personnel dans les établissements publics.

1904 : les congrégations religieuses (soumises à autorisation de l'État depuis la loi sur les associations de 1901) se voient interdire le droit d'enseigner (dans les lycées). Les relations entre le Vatican et la France sont rompues le 31 juillet.

1905 : après un vote à la Chambre des députés (3 juillet) puis au Sénat (6 décembre), la loi de séparation de l'Église et de l'État est promulguée le 9 décembre et entre en vigueur le 1er janvier 1906. La liberté de conscience est garantie. Mais la République, dont la « stricte neutralité confessionnelle » est affirmée, « ne reconnaît, ne subventionne, ni ne salarie aucun culte ».

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