La tribune de militaires décrit une "réalité", estime Dati

La tribune de militaires décrit une "réalité", estime Dati
Rachida Dati en mars 2020 à Paris

publié le vendredi 30 avril 2021 à 00h18

Plusieurs responsables de droite se sont dits jeudi d'accord avec le "constat" de "délitement" selon Rachida Dati, de "risque de guerre civile" pour Bruno Retailleau, dénoncé par des militaires signataires d'une tribune controversée, tout en prenant leurs distances avec la démarche.

"Je ne l'aurais peut-être pas écrite comme ça" mais "ce qui est écrit, c'est une réalité", a réagi la maire du VIIe arrondissement Rachida Dati sur franceinfo, alors que le chef d'état-major des Armées, le général François Lecointre, a annoncé mercredi qu'ils encouraient la radiation ou des sanctions disciplinaires.

La tribune, publiée par Valeurs Actuelles le 21 avril, dénonce le "délitement" qui frappe le pays, les signataires se disant "disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation".

Si cette tribune comporte "une phrase ambigüe", Mme Dati a estimé que "le sujet, c'est qu'on règle ce délitement, qu'on s'empare des problèmes de la France, qu'on rétablisse de l'ordre, (...) la sécurité, qu'on réduise les inégalités".

"Je suis d'accord sur le constat", a-t-elle affirmé, même si "les militaires ne sont pas dans leur rôle quand ils font de la politique".

"On peut juger la démarche déplacée pour ceux qui sont en service actif", a abondé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau. Mais "je trouve indigne qu'on jette l'opprobre sur des soldats français pour tenter de cacher la réalité qu'ils décrivent: le risque de guerre civile dans certains quartiers islamisés", a-t-il ajouté sur Twitter.

La députée LR des Hauts-de-Seine Constance Le Grip a estimé qu'"on exagère, à dessein me semble-t-il, la dangerosité de la tribune", qu'elle "ne cautionne pas" car "elle comporte des phrases ambigües et maladroites". "Mais le constat lucide et grave qui y est fait est partagé par beaucoup: faisons face dans un cadre républicain!" a-t-elle affirmé sur CNews.

Interrogée pour sa part sur RTL, la présidente (Libres!, ex-LR) de la région Ile-de-France Valérie Pécresse s'est dite "viscéralement attachée à la neutralité des armées et au devoir de réserve des militaires d'active". 

"L'armée doit être neutre", a déclaré la présidente sortante et candidate à sa réélection, même si "sur le fond, évidemment on sent bien une crise d'autorité dans le pays. Mais pour moi l'autorité elle est républicaine par les urnes, pas militaire par la force".

Interrogé sur CNews, le maire de Béziers proche du RN Robert Ménard a estimé que Marine Le Pen avait commis "une vraie maladresse" en invitant les militaires signataires à se "joindre à (son) action pour prendre part à la bataille qui s'ouvre".

"Il ne faut pas faire de politique politicienne là-dessus, (les militaires signataires) votent pour qui ils veulent", a-t-il déclaré. 

Le Premier ministre Jean Castex avait mercredi dénoncé "une récupération politique tout à fait inacceptable" de la part de Marine Le Pen.

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