"La trahison et le néant sont les deux aspects primordiaux de ce qu'est Macron", jugent les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme

"La trahison et le néant sont les deux aspects primordiaux de ce qu'est Macron", jugent les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme
Gérard Davet (à gauche) et Fabrice Lhomme (à droite), le 10 novembre 2014.

publié le mardi 12 octobre 2021 à 13h58

Invités de BFMTV, les deux journalistes du Monde ont présenté leur dernier livre, "Le traître et le néant", qui revient sur le mandat du chef de l'Etat.

Après "Sarko m'a tuer" en 2011, "Un président ne devrait pas dire ça" en 2016, Gérard Davet et Fabrice Lhomme publient un nouveau livre-enquête à paraître le 13 octobre, "Le traître et le néant" (éditions Fayard), sur Emmanuel Macron. Les deux journalistes du Monde ont enquêté sur le chef de l'Etat durant ces quatre dernières années. 


"Après plusieurs années d'enquête, ce titre, 'Le traître et le néant', s'est imposé.

Ce sont les deux aspects primordiaux de ce qu'est Macron et le macronisme. Sa conquête du pouvoir s'est faite par des trahisons, qui ont ensuite continué à l'Elysée. Mais aussi parce qu'il y a le néant de la République en Marche et de la situation politique avec la candidature d'un polémiste d'extrême droite et des partis politiques traditionnels totalement effacés", a expliqué mardi 12 octobre Fabrice Lhomme sur le plateau de BFMTV.

Les deux hommes ne se sont pas entretenus avec le président actuel, mais ont rencontré plus de 110 personnes. Jacques Attali leur aurait notamment affirmé que "Macron, c'est la politique du vide", raconte Gérard Davet. "De cette politique faite de godilles et de zigzags, on se retrouve dans le néant. Il s'est construit avec une politique de gribouille. (...) Ca lui permet de ne pas être une cible: un coup à gauche, un coup à droite, un coup au centre. C'est la godille permanente", analyse le journaliste. "Ses revirements sont permanents (...) Ça rend le personnage insaisissable", insiste-t-il. 


En ce qui concerne les trahisons, les deux hommes reviennent notamment sur sa relation avec François Hollande, dont il était le ministre de l'Economie avant de se lancer dans la course à l'Elysée le 16 novembre 2016. "Parler d'Emmanuel Macron sans questionner François Hollande, c'est de la folie pure, car c'est François Hollande qui l'a créé politiquement", juge Fabrice Lhomme. L'ex-chef de l'Etat n'y va pas de main morte avec son successeur.  "Il y a un mécontentement sourd qui est là ; mais comme il n'y a pas de débouché politique... on est dans le néant", assène-t-il lorsqu'il s'agit de commenter son bilan. 

François Hollande raconte par ailleurs qu'il avait prévenu son ancien ministre que lui aussi pourrait bien être victime d'un proche un peu trop ambitieux. Lors de la passation de pouvoir à l'Elysée, alors qu'il apprend qu'il a choisi Edouard Philippe en tant que Premier ministre, "François Hollande dit que Macron aussi sera trahi, comme il l'a trahi lui-même. Macron répond qu'Edouard Philippe lui doit tout, qu'il n'osera jamais", rapporte Gérard Davet.


Or, "ce week-end, Edouard Philippe a lancé son parti et dit qu'il pourra y avoir une double appartenance à Horizons et à un autre parti. C'est exactement ce qu'avait dit Macron à Hollande en 2016", souligne Davet. Mais pour ce dernier, ce n'est toutefois pas pareil. "Alain Minc, l'un des très proches conseillers d'Emmanuel Macron nous dit qu'Edouard Philippe est beaucoup moins intelligent que le président, mais aussi beaucoup plus moral, ce qui explique qu'il ne l'a pas trahi", estime-t-il.

Parmi les autres trahisons, les deux auteurs s'attardent également sur les relations entre le secrétaire général de la République en marche de l'époque Richard Ferrand et le patron du MoDem François Bayrou. 


"Un accord verbal avait été conclu entre la République en Marche et le MoDem pour leur réserver 144 circonscriptions" lors des élections législatives. Mais "au dernier moment, il y a eu un arbitrage entre Ferrand et Macron et le MoDem en obtient finalement 16. Quand Bayrou a appris ça, il a failli en venir aux mains avec Ferrand, le jour de l'investiture de Macron", assurent-ils. 


 

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