"La tâche a été difficile", reconnaît Gilles Le Gendre

"La tâche a été difficile", reconnaît Gilles Le Gendre
Le président du groupe LREM à l'Assemblée Gilles Le Gendre, le 19 février 2020.

, publié le lundi 27 juillet 2020 à 13h53

Dans un entretien au Point, le futur ex-président de groupe LREM à l'Assemblée nationale explique notamment que l'ancien Premier ministre Edouard Philippe n'était pas intéressé "par l'animation de la majorité".

En difficulté après des défections du groupe majoritaire et quelques couacs, le chef de file des députés La République en marche Gilles Le Gendre a annoncé la semaine dernière qu'il quitterait à la rentrée de septembre ses fonctions. Dans un entretien publié lundi 27 juillet sur le site du Point, l'élu de Paris assure qu'il n'a en "aucun cas" été poussé à partir. "La réinvention voulue par le président de la République pour faire face à la crise nous concerne tous.

Notre groupe doit en prendre sa part. (...) Cette décision, je l'ai prise seul, avant d'en avertir le président, le Premier ministre et le président de l'Assemblée nationale", explique-t-il. "Mon retrait ne veut pas dire que j'ai été un mauvais président de groupe", estime-t-il par ailleurs.





Gilles Le Gendre, 62 ans, avait été fragilisé début juin après la fuite dans la presse d'une "note" à Emmanuel Macron sur un remaniement ministériel, dans laquelle il semblait plaider pour un changement de Premier ministre, alors Edouard Philippe, et proposait - ce qu'il avait démenti - un nouveau casting gouvernemental. "Ce n'est pas une fuite, mais le viol d'une conversation privée ! Ce qui est regrettable, c'est la manipulation dont j'ai été la cible", martèle-t-il dans les colonnes de l'hebdomadaire. 



"Je ne demandais rien, et surtout pas le départ du Premier ministre. J'analysais une situation politique, ce qui est dans mon rôle. J'expliquais aussi qu'il n'y avait pas de ressources en notre sein pour devenir Premier ministre, mais que nous en comptions de nombreuses pour entrer au gouvernement. Je ne me suis pas trompé puisque trois des nouveaux ministres et trois nouveaux secrétaires d'Etat sont issus de notre groupe", justifie-t-il. "Dans cette affaire, je n'ai rien à me reprocher", insiste-t-il.

Le député parisien revient également sur sa relation avec Edouard Philippe, qu'on disait complexe. "La tâche a été difficile", reconnaît-t-il, tout en assurant qu'ils se parlaient "très régulièrement. Je vous ai décrit une situation politique atypique, mais que nous avons su gérer", affirme-t-il, tout en soulignant que l'ancien Premier ministre "n'a jamais été 'marcheur'". "L'animation de la majorité ne l'intéressait pas, il ne s'en cachait pas", explique M. Le Gendre. "Jean Castex, au contraire, considère que c'est un rôle essentiel qui lui incombe, ce qui est d'ailleurs conforme au fonctionnement de la Ve République", se félicite-t-il. 

Une élection interne aura lieu les 9 et 10 septembre pour lui trouver un successeur. "Dans le moment critique que traverse notre pays, les Français ne comprendraient pas que nous offrions le spectacle de la division. Un candidat de consensus serait la meilleure solution", selon M. Le Gendre. "Au contraire, si la compétition tournait à l'affrontement, à découvert ou implicite, entre divers courants, l'unité du groupe en souffrirait et ce dernier deviendrait ingouvernable", prévient-il.

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