"La question n'est pas de savoir s'il y aura un attentat mais quand", prévient Gérald Darmanin

"La question n'est pas de savoir s'il y aura un attentat mais quand", prévient Gérald Darmanin
Gérald Darmanin à Paris le 19 octobre 2020.

, publié le mercredi 21 octobre 2020 à 09h03

"Nous sommes en guerre, il faut accepter qu'il puisse y avoir des attentats, a estimé le ministre. Là, on en est aux premiers d'une nouvelle série".

Le ministre de l'Intérieur n'a pas cherché à édulcorer la situation sécuritaire en France. "La question n'est pas de savoir s'il y aura un attentat, mais quand", a prévenu Gérald Darmanin mardi 20 octobre sur BFMTV.

Invité de l'émission "Face à BFM" consacrée à l'assassinat sauvage de Samuel Paty,  Darmanin était interrogé sur l'hypothèse selon laquelle le procès des attaques de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, qui se tient actuellement à Paris, aurait relancé les risques d'attentat. "Rien n'aurait été pire que de ne pas tenir ce procès", a-t-il dit répondu. "Les attentats sont faits de manière imprévisible", a-t-il souligné, en rappelant que l'attaque au hachoir, il y a trois semaines devant les anciens locaux de l'hebdomadaire satirique, avait été commise par un Pakistanais qui n'était pas connu des services.


S'agissant de l'assassinat de Samuel Paty vendredi, Gérald Darmanin a jugé que "pour la première fois", "l'islam politique a(vait) mené directement à un attentat".

"Quand on fait le procès de Charlie Hebdo, quand on republie les caricatures (de Mahomet), oui, des gens ne l'acceptent pas (...). Nous sommes en guerre, il faut accepter qu'il puisse y avoir des attentats", a-t-il dit. "La question n'est pas de savoir s'il va y avoir un attentat, mais quand", a-t-il insisté, soulignant l'augmentation des moyens alloués aux forces de sécurité depuis le début du quinquennat.

La "4e génération" de "terroristes islamistes"

Le ministre a fait valoir qu'on en était à "la 4e génération" de "terroristes islamistes", après Khaled Kelkal en 1995, "l'attentat des Twin Towers" en 2001, les attentats de 2015 et "là, on en est aux premiers d'une nouvelle série". "Là, c'est un attentat manifestement qui n'est pas téléguidé de l'étranger", a-t-il poursuivi, en ajoutant:  "Entre le terrorisme et rien, il y a le séparatisme".

Un projet de loi renforçant la laïcité et la lutte contre les séparatismes doit être examiné le 9 décembre par le Conseil des ministres. Interrogé sur l'expulsion d'étrangers radicalisés et notamment celles de Tchétchènes, le ministre a annoncé avoir demandé à rencontrer son homologue russe "ce week-end" pour évoquer ce sujet. Ce déplacement n'est pas encore arrêté définitivement, a-t-il dit. L'assassin de Samuel Paty, Abdullakh Anzoro, était un réfugié d'origine russe tchétchène de 18 ans.

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