La prime de rentrée exceptionnelle "sera bien versée à ceux qui en ont le plus besoin, courant septembre", assure Bruno Le Maire

La prime de rentrée exceptionnelle "sera bien versée à ceux qui en ont le plus besoin, courant septembre", assure Bruno Le Maire
Bruno Le Maire, le 29 juillet 2022.

publié le jeudi 04 août 2022 à 08h46

Le Sénat, à majorité de droite, a voté dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 août pour que la prime de rentrée exceptionnelle soit remplacée par une majoration de 150 euros de la prime d'activité, qui s'adresse uniquement aux travailleurs aux ressources modestes.

Dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 août, un amendement a été voté par le Sénat visant à remplacer la prime de rentrée exceptionnelle, réservée aux minima sociaux, par une majoration de la prime d'activité, destinée seulement aux travailleurs modestes.



La prime de rentrée exceptionnelle, d'un montant de 100 euros, devait s'adresser aux personnes en situation de précarité qui touchent les minima sociaux, comme le RSA, l'allocation aux adultes handicapés (AAH) ou l'allocation spécifique aux personnes âgées (Aspa), selon le projet initial du gouvernement. Le Sénat, à majorité de droite, a voté pour cette aide d'urgence soit remplacée par une majoration de 150 euros de la prime d'activité, qui s'adresse uniquement aux travailleurs aux ressources modestes.

Les bénéficiaires de l'AAH y auront toutefois droit.

L'amendement du rapporteur général du budget Jean-François Husson (LR) proposant cette modification a été adopté par le Sénat, dans le cadre de l'examen en première lecture du projet de loi de finances rectificative pour 2022, provoquant de vives réactions de la part de la gauche et des acteurs associatifs.

"Injuste de priver des millions de Français de cette prime"

Ce jeudi 4 août sur RTL, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a assuré que la prime de rentrée exceptionnelle "sera bien versée à ceux qui en ont le plus besoin." "Le paquet pouvoir d'achat qui vient d'être voté, c'est d'abord une victoire pour les Français, ceux qui en ont le plus besoin, ceux qui souffrent le plus de l'augmentation des prix alimentaires, des prix des carburants, de l'énergie... Il n'était pas juste de priver les plus modestes de cette aide de rentrée qui sert principalement à financer les courses alimentaires", a-t-il expliqué.

"Plusieurs millions de foyers étaient concernés, bénéficiaires de minima sociaux - des étudiants boursiers, des gens qui appartiennent aux 14% de pauvres dans la France actuelle... Il était injuste de priver ces millions de Français de cette prime de rentrée dont ils vont avoir besoin pour payer leurs courses alimentaires. Elle sera versée courant septembre", a promis le ministre.



Une mesure qui "exclut notamment des femmes seules avec des enfants", selon Elisabeth Doineau

Le ministre délégué aux Comptes publics, Gabriel Attal, a donné un avis défavorable à cet amendement qui "reviendrait à retirer le bénéfice de l'aide à 4 millions de foyers pauvres". "Vous profitez de la nuit pour vous permettre de taper une fois de plus sur les plus pauvres", a accusé l'écologiste Thomas Dossus, le socialiste Rémi Féraud fustigeant un "amendement très idéologique".

Pascal Brice, le président de la Fédération des acteurs de la solidarité qui regroupe des centaines d'associations spécialisées dans la lutte contre l'exclusion, voit dans cette décision du Sénat "une manière d'opposer" les travailleurs modestes et ceux qui ne travaillent pas. "C'est dangereux", estime-t-il auprès de l'AFP. "Il faut à la fois traiter les difficultés de la classe moyenne et accompagner les personnes en situation de pauvreté".

L'amendement a été adopté par les groupes LR et centriste, à l'exception d'une poignée d'entre eux. "Pour moi c'est non", a déclaré la sénatrice Elisabeth Doineau (Union centriste), "hostile" à une mesure qui "exclut notamment des femmes seules avec des enfants".

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