"La présidentielle est désormais un match à trois", estime Xavier Bertrand

"La présidentielle est désormais un match à trois", estime Xavier Bertrand
Xavier Bertrand, le 27 juin 2021 à Saint-Quentin (Aisne).

publié le lundi 28 juin 2021 à 08h53

Fort de sa large réélection à la tête des Hauts-de-France, Xavier Bertrand se voit comme le troisième homme de la présidentielle de 2022. Mais les sondages le donnent pour le moment loin de Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

"Ce résultat me donne la force d'aller à la rencontre de tous les Français".

Après sa large victoire aux élections régionales dans les Hauts-de-France dimanche 27 juin, Xavier Bertrand met le cap sur 2022. Le président de la région avait en effet conditionné sa candidature pour les présidentielles à sa réélection.



L'ancien membre des Républicains a même atteint l'objectif qu'il s'était fixé : "Gagner sans le retrait de la gauche et en faisant reculer le FN (sic) au premier et au second tour", ainsi qu'il l'a confié aux Echos. En 2015, il n'avait dû sa victoire avec un score de 57,77%, qu'au désistement de la liste socialiste - exclue pendant six ans de l'hémicycle régional - après l'arrivée en tête au premier tour de Marine Le Pen.

Avec cette performance, "maintenant, tout le monde a compris que la présidentielle est désormais un match à trois", assurait-t-il jeudi dernier au quotidien économique. "Le match à deux a du plomb dans l'aile : Marine Le Pen engueule ses électeurs - c'est du jamais-vu - et Emmanuel Macron cherche encore à enjamber le scrutin", estime-t-il. 

"J'éviterai le retour des 'gilets jaunes'"

L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy estime avoir prouvé qu'il est "un meilleur rempart" contre l'extrême droite que le chef de l'État : "De 2015 à 2021, j'aurais fait passer le FN de 41 % à 24 % (au premier tour des régionales, NDLR). Macron, au niveau national, l'aura fait passer de 34 % (au second tour de la présidentielle de 2017) à 47 % (d'intentions de vote)". 

Mais Xavier Bertrand ne se veut pas seulement un rempart contre le Rassemblement national. Il entend proposer un mixte entre droites sociale et sécuritaire : "Je crois savoir où est le point d'équilibre du pays : très ferme sur le régalien et réduire les fractures sociales et territoriales. Si on ne sait pas s'attaquer aux inégalités, nos sociétés vont dans le mur, cela ne peut pas bien finir", a-t-il assuré. "J'éviterai le retour des 'gilets jaunes', car je vais apporter les solutions dont on a besoin", a-t-il encore insisté. 

Un troisième homme, encore loin

Les sondages le placent actuellement comme le troisième homme de la campagne présidentielle... mais bien loin du président de la République et de la patronne du RN. Une enquête Harris Interactive pour Challenges le crédite de 16 % d'intentions de vote pour 2022, en progression de 3 points, contre 26% pour Marine Le Pen est à 26 % et 25% pour Emmanuel Macron. Une enquête Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France et LCP-Assemblée nationale/Public Sénat, publié dimanche 27 juin, le crédite de 18% des voix, contre 24% pour ses rivaux. 

Selon ce dernier sondage, il reste néanmoins le meilleur candidat de droite. Valérie Pécresse rassemble pour le moment 13% des voix face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen, tous deux à 26%, et Laurent Wauquiez 11% contre 27% pour le chef de l'État et 25% pour la députée du Pas-de-Calais. Tous deux largement réélus à la tête de la région Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, ils ont été appelés lundi matin par Xavier Bertrand à "former une belle équipe". 

Parce que "quand il y a une grande et belle équipe de France, je suis persuadé qu'elle l'emporte, pas pour elle, pas pour avoir un palmarès, tout simplement car elle rend fier et en plus cette belle équipe de France je pense qu'elle peut faire des choses bien pour la France", a déclaré le président des Hauts-de-France sur BFMTV. 

 

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