"La police tue", affirme Philippe Poutou, Gérald Darmanin dépose plainte

"La police tue", affirme Philippe Poutou, Gérald Darmanin dépose plainte
Philippe Poutou à Bordeaux, en mars 2020.

publié le jeudi 14 octobre 2021 à 13h55

"Les propos de Monsieur Poutou envers la police sont insultants et indignes d'un élu de la République", a réagi le ministre de l'Intérieur. 

"La police tue, évidemment la police tue", a affirmé mercredi 13 octobre sur franceinfo le candidat à la présidentielle du NPA Philippe Poutou, évoquant Steve Maia Caniço à Nantes, une dame qui fermait ses volets pendant une manifestation des "Gilets jaunes" à Marseille ou encore Rémi Fraisse. 

"Les propos de Monsieur Poutou envers la police sont insultants et indignes d'un élu de la République. Au nom du ministère, et pour défendre l'honneur de tous les policiers, je dépose plainte", a réagi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur son compte Twitter. La plainte sera déposée pour "injure publique", a précisé son entourage à l'AFP.



"La police tue, évidemment la police tue", a ainsi affirmé Philippe Poutou. "Steve (Maia Caniço) à Nantes, à Marseille pendant une manif' des "Gilets jaunes" une dame qui fermait ses volets, Rémi Fraisse il y a quelques années...

Il faudrait voir les chiffres précisément mais dans les quartiers populaires, c'est une quinzaine de jeunes qui sont tués par la police annuellement", a-t-il poursuivi.

"Oui, il y a une violence policière. La police a tué et elle tue. Après, on peut discuter : assassinat, meurtre, accident ou bavure, ou légitime défense bien sûr", a ajouté Philippe Poutou. "Quand on est manifestant, on n'est pas protégé par la police, on est agressé, attaqué par la police. Alors la police tue oui, mais la police mutile surtout. Combien de mains arrachées, combien de visages défigurés ? (...) Il y a une véritable violence policière et une police qui peut tuer parce qu'elle est armée, sur-armée. Elle est dangereuse", a-t-il poursuivi.



Steve Maia Caniço, un animateur de 24 ans, a disparu après une opération policière destinée à faire cesser une soirée électro en bord de Loire dans la nuit du 21 au 22 juin 2019. Son corps a été retrouvé le 29 juillet. Un sous-préfet et un commissaire de police ont été mis en examen pour homicide involontaire dans ce dossier.

A Marseille, début décembre 2018, Zineb Redouane, une Algérienne de 80 ans, est décédée après avoir été atteinte au visage par des éclats de grenade lacrymogène dans son appartement du 4e étage, lors d'une manifestation des "gilets jaunes". L'enquête, dépaysée à Lyon, est en cours.

Quant à Rémi Fraisse, il s'agit d'un jeune militant écologiste, tué par une grenade offensive en 2014 lors de violents affrontements sur le chantier du barrage controversé de Sivens (Tarn). La Cour de cassation a définitivement validé le 23 mars le non-lieu rendu en janvier 2018 en faveur du gendarme ayant lancé la grenade.

Explications demandées après des "propos inacceptables" d'un adjoint à la mairie de Cachan

Philippe Poutou, conseiller municipal de Bordeaux, était interrogé sur les violences policières à la suite de propos controversés d'un adjoint (LFI) à la mairie de Cachan (Val-de-Marne). "Je croyais que le but de la police, c'était de protéger la population, pas nécessairement de posséder des armes pour la tuer, parce que c'est ça la signification en bon français courant", a déclaré Dominique Lanoë, lors du conseil municipal du 30 septembre.

Dans un communiqué diffusé mercredi, la ville de Cachan a dénoncé un "montage vidéo (...) altérant volontairement la réalité des propos et des faits de cette séance publique". La ville a expliqué qu'à la faveur d'un débat lancé par les "élus d'opposition sur l'armement de la police municipale", il y avait eu "un échange (qui) a suscité la controverse entre les élus et des propos non maîtrisés ont été tenus". Gérald Darmanin a demandé mercredi soir à la maire PS de Cachan des explications sur ces propos "inacceptables". 
 

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